mercredi 22 août 2012

Genève et Vaud sont de grands «faiseurs de Suisses»

En comptant le Valais, la région lémanique est celle qui a accordé le plus de passeports rouges à croix blanche entre 2005 et 2010. La révision de la loi va freiner nettement le mouvement, prévoit l'Université de Genève. Berne est la région de Suisse qui s'est montrée la plus accommodante: le nombre des naturalisations y a augmenté de 259% durant la période. Mais en valeur absolue, la «région lémanique», avec Genève, Vaud et le Valais, est bien la plus grande «faiseuse de Suisses».

Au total, les trois cantons romands ont accordé, de 2005 à 2010, la nationalité suisse à 62'027 personnes, rapporte une récente étude réalisée par l'Université de Genève sur mandat de la Commission fédéralE pour les questions de migration (CFM). La région de Zurich arrive juste derrière, avec 61'852 nationalisations.

Au total, les régions lémanique et de Zurich ont accordé la moitié des nouveaux passeports octroyés entre 2005 et 2010 au titre d'une naturalisation. L'ensemble des cantons romands en ont délivré près d'un tiers (31%), soit plus que proportionnellement.

Fossé entre villes et campagne...

«Quelle que soit la période considérée, la région lémanique présente le nombre le plus élevé de naturalisations», constatent Philippe Wanner et Ilka Steiner, en introduction de leur étude. La taille des populations de base joue, à cet égard, un rôle déterminant.

«Les zones urbaines présentent un taux de naturalisation ordinaire plus élevé que les communes rurales (2,7% contre 1,9% en 2005-2010)», relèvent les chercheurs genevois. A niveau cantonal, Zurich affiche ainsi tout naturellement le taux de naturalisation le plus élevé (3,5%). Genève et Berne dépassent les 3%.

L'étude ne constate pas, en revanche, de fossé linguistique. Les taux de naturalisation de la Suisse alémanique (2,32%), de la Romandie (2,43%) et du Tessin (2,36%) sont voisins.

... et entre communes

Les écarts les plus marqués sont relevés entre les communes, qui en la matière ont des compétences et des pratiques dissemblables. L'étude, qui se limite aux communes de plus de 15'000 habitants, met en exergue un taux record de 7,1 naturalisations pour 100 habitants à Berthoud (BE) et de 0,9% seulement à Granges (SO) qui ferme le classement des 75 villes recensées.

Dans celui-ci, Meyrin (GE) figure au 10e rang et apparaît comme la ville de Suisse romande ayant le taux de naturalisation le plus élevé (4,03%) pour la période 2005-2010. Suivent, ex-æquo en 12e position, Lancy (GE) et Neuchâtel (3,8%). Puis viennent les villes genevoises de Vernier (14e ex-aequo; 3,77%) et d'Onex (21e; 3,51%), puis Genève-Ville (23e; 3,48%) et La Chaud-de-Fonds (26e; 3,35%).

Pour comparaison, Lausanne et Yverdon ne ressortent qu'en 45e et 47e positions (2,93% et 2,87%) et Fribourg en 65e (2,10), juste devant Martigny, Sion et Sierre. Bulle ferme la marche des ville romandes (1,45%), en 4e avant-dernière position.

Le frein législatif

Dans leur étude, les chercheurs de l'Université de Genève estiment par ailleurs l'impact de la révision totale de la loi sur la nationalité, dont le message a été adopté, début mars, par le Parlement. Selon eux, celle-ci aura freinera sensiblement le nombre des naturalisations en Suisse, malgré le raccourcissement du délai d'attente de 12 ans à 8 ans.

Cet abaissement, s'il est adopté, augmentera le nombre des naturalisations de 1500 par simple effet d'anticipation. Celui-ci sera toutefois plus que contrebalancé par la limitation de l'octroi du passeport suisse aux détenteurs du permis C. Faute de permis C, près de 5000 personnes ne pourront plus prétendre au passeport suisse. (Newsnet)

Créé: 23.08.2012, 07h15

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