Carsten Kühl livre cette opinion nuancée dans une interview publiée par le Tages-Anzeiger. Faute d'un échange complet de données entre les deux pays, le SPD (gauche), dont il fait partie, pourrait se satisfaire d'un prélèvement de 25%, au lieu des 21% prévus, sur les revenus que des citoyens allemands tirent de leur placements en Suisse, laisse-t-il entendre.
Aux banques d'administrer la preuve
Le responsable allemand ne pourrait toutefois tolérer que les banques suisses mettent l'accord fiscal à profit pour aider les contribuables fautifs à échapper encore à leurs devoirs, en les aidant à placer leur argent dans d'autres pays. Sans se prononcer sur les accusations du Land de Rhénanie Nord-westphalie, il observe que «tous les Lands allemands ont des indices» allant dans ce sens.
«Dans la situation actuelle, nous ne pouvons pas simplement ignorer ces indices», ajoute Carsten Kühl. Le président du Conseil d'administration de l'UBS Axel Weber a certes contesté ces accusations. Mais de l'avis de ministre allemand, les banques suisses, pour rétablir la confiance, sont aujourd'hui «dans le devoir de prouver» que tel n'est pas le cas.
Vidéo contestée
Cette prise de position intervient après que le Land Rhénanie Nord-Westphalie a fait sensation, il y a dix jours, en annonçant avoir trouvé, dans un CD de données acquis récemment, la trace de fonds non déclarés à Singapour, ainsi qu'une vidéo montrant qu'UBS forme ses employés à le faire.
Depuis, UBS a démenti cette rumeur reprise notamment par le Spiegel sur son site en ligne. Dans sa dernière édition «print», le même magazine note même que la vidéo «remonte à six ou sept ans».
Il ajoute toutefois que, même si la piste singapourienne n'est pas aussi fraîche qu'annoncée, le document prouverait du moins que des employés de banque ont été formés à détourner des fonds pour le compte de clients allemands.
Tim Guldimann admet
Dans la foulée, le ministre de la Justice de Nord-Westphalie Thomas Kutschaty, également du SPD, réclame dans le même numéro de Spiegel un renforcement de l'arsenal juridique de l'Allemagne. «L'exemple des Etats-Unis montre clairement qu'une position de négociation dure permet d'obtenir de leurs résultats», explique-t-il à l'appui de sa revendication.
Dans une récente intervention sur la chaîne de télévision ARD, l'ambassadeur de Suisse en Allemagne Tim Guldimann a admis que le secret bancaires avait été utilisé par le passé de manière abusive. Et ce, avec l'aide des banques (voir encadré). (Newsnet)
Créé: 21.08.2012, 06h08
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