vendredi 31 août 2012

Les Gripen feront plus de bruit à Payerne et à Sion

En raison de son manque d'autonomie, le Gripen C/D que la Suisse veut louer à la Suède contraindra l’armée à plus de rotations. Les riverains auront droit à plus d’atterrissage et décollages. Selon le rapport d’évaluation, l’un des points faibles du Gripen C/D est son manque d’autonomie à pleine vitesse. L’armée de l’air devra ainsi multiplier les rotations pour assurer ses missions de police de l’air. Pour technique qu’elle soit, cette spécificité a une conséquence très concrète. En clair, plus de décollages et d’atterrissages depuis les aérodromes militaires de Sion, Payerne et Meiringen.

Mardi dernier, lors de la conférence de presse de présentation du contrat Gripen signé avec la Suède, Ueli Maurer ne l’a pas caché et a été très clair: «Comme toujours, il faudra trouver des solutions avec la population. Mais malheureusement, il faut dire que les nouveaux avions de combat n’ont pas le même développement que l’aviation civile: ils sont toujours plus bruyants. On est sur le même niveau de bruit que le F/A-18», a expliqué le ministre de la Défense.

Une problématique annexe à ce complexe dossier du Gripen qui pourrait devenir problématique durant les années 2016 à 2020. Surtout pour les riverains de deux aérodromes militaires en terres romandes: Sion et Payerne. Car c’est justement cet appareil – le Gripen C/C - que la Suisse veut louer à la Suède, pour un montant de quelque 44 millions de francs suisse par année, pour assurer l’intérim en attendant la livraison des Gripen E nouvelle génération.

«Il n’y a pas que la qualité qui joue un rôle, mais aussi la quantité!»

Markus Gygax, le chef de l’armée de l’air, interrogé à ce sujet s’est voulu rassurant. Les horaires d’activité habituels des avions sont connus, a-t-il expliqué. Mais il a aussi laissé entendre que lors des engagements renforcés de police de l’air, comme lors du WEF, les procédures d’intervention devraient être repensées.

Dans son court exposé face à la presse mardi dernier, Markus Gygax a beaucoup insisté sur le fait qu’ «il n’y a pas que la qualité qui joue un rôle, mais aussi la quantité!»

Le dessein est évident, et a également été souligné par divers experts militaires face à la sous-commission de sécurité (selon nos informations), avec un avion moins performant, il faut en disposer de davantage pour assurer des rotations plus régulières: donc plus d’atterrissage et de décollages. (Newsnet)

Créé: 31.08.2012, 10h32

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