lundi 27 août 2012

Simonetta Sommaruga veut un vrai congé paternité

La conseillère fédérale souhaite donner un long congé aux pères après la naissance d'un enfant. Une mesure qui doit permettre aussi aux mères de garder ou de reprendre leur activité professionnelle. «Simonetta Sommaruga a un nouveau projet phare pour la Gauche» révèle lundi le Tages-Anzeiger tout en dévoilant le sujet: la cheffe du Département fédéral de justice et Police (DFJP) veut convaincre le Conseil fédéral d'instituer un congé pour les jeunes papas.

Si l'idée n'est pas nouvelle, l'ampleur du congé envisagé l'est. Car la conseillère fédérale socialiste n'entend pas s'en tenir à un temps libre de quelques jours. De retour de Norvège, elle a confirmé que son projet n'avait pas pour seul objectif de rapprocher le papa de son enfant, mais aussi de permettre à la maman de rester sur le marché du travail.

Pour que les femmes restent en profession

Comme le relève le «Tagi», la démarche de Simonetta Sommaruga va au-delà des idées jusqu'ici évoquées à Gauche, notamment de la récente motion de la socialiste fribourgeoise Valérie Piller Carrard en faveur d'un congé paternité de 20 jours.

La Bernoise ne serait d'ailleurs pas la seule membre du gouvernement à avoir des ambitions plus grandes dans le domaine. Le Département de l'Intérieur de son confère de parti Alain Berset évaluerait actuellement les avantages et inconvénients de différents modèles de congés parentaux.

La Commission fédérale de coordination pour les questions familiales (COFF), qui conseille le gouvernement sur ces questions, défend de même le principe de congés susceptibles de soutenir l'intégration professionnelle des femmes. Aussi celle-ci suggère-t-elle, en plus des 14 semaines de congé maternité, l'adoption d'un congé parental de six mois.

Six mois à se partager

Dans l'idée de la commission, la mère et le père auraient chacun au moins un mois de congé. Ils pourraient ensuite se partager à leur convenance les quatre mois restant.

Le projet de la COFF «va dans la bonne direction», de l'avis de l'Union syndicale suisse (USS). Interrogée, sa secrétaire Doris Bianchi insiste sur le fait qu'une femme ne retournera pas plus vite sur le marché du travail si l'on n'accorde qu'un congé symbolique au papa.

Selon l'USS, deux tiers des femmes ayant un enfant de moins de 4 ans ne sont aujourd'hui plus actives ou ne travaillent qu'à moins de 50%. Le congé paternité tel que le conçoit Simonetta Sommaruga leur donnerait la possibilité de rester sur le marché du travail et de poursuivre leur carrière.

Plus d'un milliard de francs

A l'échelon politique, tout le monde n'est pas acquis au projet. Ce qui fait dire à la présidente de la COFF Thèrèse Meyer que, «comme pour l'assurance maternité», il faudra, dans ce dossier,«suivre une politique des petits pas».

Il est vrai que le coût d'un congé semestriel est devisé à «plus d'un milliard de francs». Un montant qui devrait être financé par un nouveau prélèvement salarial que se partageraient employés et employeurs.

Cette perspective ne plait guère à Droite. Le directeur de l'Union patronale suisse estime que l'on ne peut pas alourdir encore la charge des oeuvres sociale et celle des entreprises. Et Thomas Daum d'ajouter qu'à ses yeux, il n'est pas sûr qu'une telle mesure améliorera le taux d'activité des femmes.

Les entreprises pourraient rencontrer en outre de grandes difficultés à remplacer les personnes absentes. Pour le responsable de l'UPS, les solutions préférables dans le domaine sont celles négociées individuellement entre l'employé et son employeur. (Newsnet)

Créé: 27.08.2012, 12h17

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