samedi 1 septembre 2012

Fiesta villageoise sous couvre-feu?

Suite à la plainte d’un habitant, la vogue de Veyrier, à Genève, pourrait voir ses horaires réduits. Les organisateurs sont furieux. «Je suis dégoûté!» Eric Ménétrey, président du comité d’organisation de la mythique vogue de Veyrier, n’en revient toujours pas. «Comment un simple individu peut-il bloquer une fête populaire et centenaire, pénalisant ainsi des milliers de personnes? se demande-t-il. Tout cela pour son petit confort personnel.»

En cause, une plainte préventive déposée par un habitant du village contre les nuisances sonores provoquées par le raout. «J’ai la tente de la vogue sous ma fenêtre et la nuit c’est tout simplement insupportable, explique-t-il. J’ai alerté les autorités depuis plusieurs années et elles ne réagissent pas, je n’avais pas d’autre alternative.» Par le biais d’un avocat, il s’est ainsi adressé au Service du commerce (Scam), office cantonal chargé de délivrer les autorisations pour ce type de manifestation. Du coup, les animations nocturnes de la vogue seront réduites et devraient se terminer une heure plus tôt le vendredi et le samedi soir, soit minuit au lieu de 1 heure et 1 heure au lieu de 2. «Je ne demande de loin pas l’arrêt de la vogue car j’y suis très attaché, ajoute-t-il. Mais j’imagine que l’on pourrait très bien déplacer les animations bruyantes hors des lieux habités.»

Longue tradition

«Cette décision est disproportionnée et revêt un caractère extrêmement dommageable», tempête le PLR Thomas Barth, conseiller administratif de Veyrier en charge de la Sécurité. «Elle dénature le concept et met en péril la survie même d’une fête qui, faut-il le rappeler, a une très longue tradition.»

Sur son blog, un habitué de la vogue estime que «la décision du Scam ouvre la voie à tous ceux qui ne supportent plus rien, en leur permettant de mettre les bâtons dans les roues des bénévoles qui font un travail extraordinaire pour que nos villages restent vivants». Les commerçants sont tout autant fâchés. «En perdant deux fois une heure au moment où il y a le plus de monde, notre chiffre d’affaires va s’écrouler», peste un vendeur de boissons et de saucisses.

Selon nos informations, les autorités communales étudiaient hier encore les moyens juridiques possibles permettant de contester cette décision d’ici au 21 septembre, date de la prochaine vogue. Ceci explique-t-il cela? Du côté du Scam, on explique que «le dossier est actuellement en traitement auprès des services compétents». L’affaire a également interpellé le député PDC et président du Conseil municipal de la commune voisine de Thônex. «Je suis effectivement intervenu, confirme Fabiano Forte. Je souhaite savoir si le Scam compte opérer de la même manière pour les nombreuses autres manifestations populaires et villageoises dès lors qu’une seule et même personne pourrait se plaindre.» (Le Matin)

Créé: 01.09.2012, 09h14

0 comments:

Enregistrer un commentaire