L'«affaire Tschanun», du nom du chef de la Police des construction de Zurich qui avait tué quatre de ses collaborateurs en avril 1986 reste de triste mémoire. De même que la «tuerie de Zoug», qui avait vu en septembre 2001 Friedrich Leibacher faire irruption dans le Parlement de Zoug et y tuer 14 personnes a prouvé que le pire peut aussi survenir en Suisse.
Cas désamorcés
Jamais la Suisse n'a dû vivre en revanche de drames comparables à ceux dont sont régulièrement victimes des établissements scolaires aux Etats-Unis. Mais il y a eu des alertes. «Des situations à risques ont pu être désactivées», confirme un expert genevois.
L'une de ces situations avait fait la une des médias il y a un peu plus d'un an en Suisse alémanique. Le 26 novembre 2011, un ancien élève au chômage avait mis le canton de Zurich en émoi en se rendant de manière impromptue dans son ancienne école, à Bülach, pour y menacer un ancien professeur alors en pleine leçon.
Le jeune homme tenait l'enseignant pour responsable de la perte de sa place d'apprentissage et l'avait menacé .«Maintenant c'est terminé, maintenant tu vas voir ce qui va se passer», avait-il lancé. Le jeune homme avait ensuite quitté la salle de classe. Le prof menacé a aussitôt averti le directeur de l'école qui a déclenché l'alarme.
«Des minutes étranges»
Ce dernier se souvient «de minutes très étranges». Sur le moment, personne ne savait au juste où se trouvait l'ancien élève et quelles étaient ses intentions, rappelle-t-il dans le Tages-Anzeiger.
Une dizaine de policiers avaient débarqué quelques minutes plus tard avec des chiens. Sur le moment, ils n'avaient pu mettre la main sur l'auteur des menaces, qui avait disparu et n'avait été arrêté que le lendemain.
«Cela aurait pu être un cas critique», note le responsable Zurichois. «Ce qui se passe aux Etats-Unis pourrait aussi se passer en Suisse», ajoute-il, même à une année de distance.
Aujourd'hui, les Zurichois passent pour des précurseurs dans la gestion de telles crises. Mais ils ne sont plus seuls.
Des actes toujours planifiés
Dans le canton de Vaud, la Direction générale de l'enseignement obligatoire et les organes de sécurité entretiennent sur ce dossier «une collaboration étroite depuis 2010 en tout cas», relève Pierre Jaccard. «Comme ces actes sont planifiés, nous ne souhaitons pas toutefois divulguer nos procédures», ajoute le chef de la Direction organisation et de la planification de la DGEO.
Le son de cloche est le même à Berne. «C'est un thème délicat où l'intervention des forces de l'ordre ne couvre qu'un aspect des choses: tous les cantons ont pour cela des équipes spécialement formées», rappelle Markus Stauffer. «La prévention et la formation jouent aussi un rôle primordial», insiste-t-il.
La police bernoise accompagnée de psychologues informent ainsi les directions des écoles, mais aussi les enseignants et les concierges sur les risques, la manière de les déceler et de les gérer.
Contrairement à Zurich, Berne n'utilise pas de logiciel pour évaluer un élève ou un ancien élève dont on peut craindre qu'il ne se montre un jour menaçant. Certaines villes et certains cantons ont opté pour cette solution: «nous comme d'autres préférons la confrontation directe sous la conduite de spécialistes», conclut Markus Stauffer. (Newsnet)
Créé: 19.12.2012, 07h32
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