Pour ce politicien, le plus à droite des démocrates-chrétiens sous la Coupole, la libre circulation des personnes a montré ses effets positifs et il ne les conteste pas. Mais elle n'est pas sans conséquence! Et il faut prendre acte de la défiance actuelle qui s’exprime parmi la population, et qui commence aussi à toucher les milieux économiques.
En effet, dernièrement encore, Rolf Dörig, patron d’Adecco et membre de la direction d’EconomieSuisse, a aussi mis en doute la libre circulation. Gerhard Pfister veut ainsi que le parlement fédéral travaille à un contre-projet direct à l’initiative UDC «contre l’immigration de masse».
«Je propose que les entreprises suisses trouvent un système d’accord de branche, sous l’autorité d’EconomieSuisse, qui interdise de faire venir des travailleurs spécialisés bon marché sans avoir épuisé toutes les possibilités sur le marché du travail en Suisse. Une telle mesure redonnerait la confiance à la population en la libre circulation des personnes, explique Gerhard Pfister.
Il s’agirait donc de n’appliquer la libre circulation des personnes que pour certains secteurs de l'économie. Lorsque la pénurie de main-d’œuvre suisse, spécialisée ou non, est attestée dans la branche en question.
Les responsabilités du Conseil fédéral et de l’économie
Le PDC zougois pose encore deux constats sous forme de critique. Primo, le Conseil fédéral fait une erreur en ne proposant pas de contre-projet à l’initiative UDC. Le gouvernement laisse ainsi croire que la situation actuelle est satisfaisante, alors qu’elle ne l’est pas, souligne Gerhard Pfister.
Secundo, l’économie est la principale responsable. Les entreprises suisses ne peuvent continuer à recruter sans se soucier des conséquences. Sinon, tôt ou tard, la droite comme la gauche enterreront la libre circulation en votation. Gerhard Pfister plaide donc pour cette solution du centre, propre à accorder les besoins de l’économie comme les craintes de la population.
L’UE a intérêt à calmer le jeu
Et l’Union européenne (UE) accepterait-elle une telle solution? Là encore, Gerhard Pfister, en bon PDC, croit aux vertus du compromis. L’UE ne serait peut-être pas ravie de cette solution, mais elle est toujours meilleure qu’un rejet de la libre circulation dans les urnes, explique le Zougois.
L’UE, souligne-t-il encore, devrait reconnaître que la Suisse a accueilli une immigration significativement plus haute que ses propres Etats membres. L’intérêt de tous est donc de ne pas ajouter de la crispation sur le marché du travail suisse, pour l’instant en bonne santé. (Newsnet)
Créé: 26.12.2012, 13h41
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