Javier Sicilia, une personnalité connue au Mexique, dont le fils a été assassiné par le crime organisé, était présent lors de la remise de la lettre.
Les deux femmes, ainsi que M. Sicilia, ont pu s'entretenir pendant une trentaine de minutes avec le chancelier Andrés Ordóñez. «Nous avons été très bien reçus et il y a eu beaucoup de compassion», a-t-elle poursuivi. «Il a promis de faire passer notre courrier au président».
M. Sicilia, un journaliste et poète mexicain très engagé, a également remis en leur présence une demande au chancelier pour que la loi pour les victimes de violence soit appliquée immédiatement au Mexique. Un texte approuvé par le peuple, mais qui n'a jamais été en vigueur sous l'ancien président Felipe Calderon.
«Cette loi nous concerne directement, car elle oblige la mise en place d'une véritable enquête et mettrait fin à l'impunité», a-t-elle expliqué. «Les malfrats ont été arrêtés il y a deux ans, mais n'ont toujours pas été interrogés», regrette-t-elle.
«Un grand espoir»
Son frère a été enlevé le 19 décembre 2010 à Cuernavaca, ville touristique à 90 km de Mexico où il résidait depuis plus de 20 ans. Ses proches avaient payé le lendemain une rançon de 10'000 dollars (environ 9300 francs).
Sans nouvelles de lui et des ravisseurs depuis, elle observe que l'arrivée d'un nouveau président provoque «véritablement un grand espoir, cela fait deux ans que nous nous heurtons à un mur». Maintenant nous nous concentrons sur le Mexique, car «les autorités suisses m'ont répondu qu'elles ont fait tout ce qu'elles ont pu».
Une cinquantaine de personnes, notamment des Mexicains habitant en France, se sont réunis devant l'ambassade du Mexique à Paris, pour manifester leur soutien aux deux femmes, ainsi qu'à Javier Sicilia, le grand initiateur mexicain du mouvement pour la paix, la justice et la dignité», pour reprendre ses termes.
Vingt-trois personnalités mexicaines, dont M. Sicilia, ont par ailleurs demandé mercredi au Mexique que la Cour suprême du Mexique mette fin à la «grave injustice» dont est victime selon eux la Française Florence Cassez, condamnée à 60 ans de prison pour enlèvements et emprisonnée au Mexique depuis sept ans.
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