Pour sa représentante romande Isabelle Chevalley (Vert’libéral/VD), il faut vraiment aller de l’avant: «Nous bougeons tout le temps, de plus en plus de gens doivent travailler loin de leur domicile. Avec les nouvelles technologies, une bonne partie du travail pourrait se faire à la maison. Ce serait une réponse à la surcharge des transports que nous connaissons. L’Etat doit montrer l’exemple. Mais la confiance doit s’installer dans les entreprises et cela ne peut se faire que si le travail à effectuer est contrôlable.»
Selon le rapport d’EconomieSuisse d’avril dernier: «Le potentiel de télétravail est encore utilisé de manière très insuffisante en Suisse et ne fait pas l’objet d’une évaluation systématique.»
Sur un plan général, l’utilisation du télétravail est un élément important vers une véritable société numérique: «Ce qui était encore impensable il y a quelques années, écrit l’organisation, est désormais possible grâce au raccordement de presque tous les ménages à Internet à large bande.»
La Suisse n’a pas de statistiques sur les heures de travail à la maison dans le domaine des services, contrairement à d’autres pays européens comme la Hollande (28%), l’Allemagne (25%), le Royaume-Uni (15%) ou la France (9%). Pour le dépositaire de la motion, Jürg Grossen (Vert’libéral/BE): «Le Conseil fédéral est chargé d’augmenter de 20% au minimum la part de télétravail dans l’Administration fédérale dans les cinq ans à venir.» Car pour lui «une mobilité inutile fait aujourd’hui perdre à notre économie trop de temps, d’énergie et d’argent.»
Directeur de la Fédération des entreprises romandes, Blaise Matthey est favorable à cette évolution qu’il pratique déjà: «Il y a une forte demande de la société, mais il faut pouvoir fixer des objectifs mesurables pour que l’on puisse envisager une relation de confiance avec les employés. Jusqu’à quel degré? Cela dépend du management. Le travail se fait aussi à l’intérieur d’une collectivité. Fixer une progression de 20% à atteindre, cela ne veut rien dire.»
Isabelle Chevalley admet qu’il convient de garder de la souplesse: «Il faut explorer différentes pistes. Cela peut consister en un jour de travail à la maison, mais aussi dans un décalage des horaires dans la journée pour éviter les bouchons et la saturation des trains. Ce ne sera peut-être pas 20%, mais 10% de la part de la Confédération serait déjà un signal intéressant.» Un signal sans doute attendu par des milliers de pendulaires qui pourraient s’éviter des trajets inutiles. Surtout quand les trains prennent froid. (Le Matin)
Créé: 26.12.2012, 07h12
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