mardi 11 décembre 2012

«L’ascenseur social est en panne pour les étrangers»

Les inégalités perdurent entre Suisses et étrangers. La conseillère nationale socialiste Ada Marra les juge inacceptables. Elle réclame des actions plus concrètes. Les étrangers ne sont pas égaux avec les Suisses face à la pauvreté et au chômage. Une situation que l'Office fédéral de la statistique confirme aujourd'hui avec des chiffres sans appel. Analyse et réactions de la socialiste vaudoise Ada Marra.

Le Matin: Trouvez-vous inquiétants les chiffres statistiques sur les inégalités entre Suisses et étrangers?

Ada Mara: Je les trouve en fait inacceptables! Ils restent identiques depuis des années. La tendance ne change pas... On retrouve plus d'étrangers touchés par la pauvreté ou le chômage. Je constate qu'en Suisse l'ascenseur social est bloqué pour les étrangers.

Que peut-on y faire?

Deux réponses me paraissent efficaces: la formation continue et la lutte contre la pauvreté. Une loi fédérale sur la formation continue est en route. J'appelle le Conseil fédéral à accélérer son élaboration. La formation continue est fondamentale pour éviter le chômage. Concernant la lutte contre la pauvreté, j'ai demandé l'instauration d'un monitoring en 2010, pour que la Confédération suive ce phénomène de près, mais le Conseil fédéral l'avait refusé. Depuis l'arrivée d'Alain Berset, cette question semble redevenir d'actualité. Nous devons recenser ce qui se fait au niveau des cantons et des communes pour coordonner une lutte efficace.

Concrètement, comment lutte-t-on contre la pauvreté?

De nombreuses mesures de prévention peuvent être efficaces. La lutte contre l'illettrisme, dans laquelle je me suis investie, en est une. Avancer l'âge d'entrée à l'école enfantine à 3 ou 4 ans, comme le prévoit Harmos, est important: on a constaté que c'était un facteur d'intégration pour les enfants d'étrangers. La promotion de la lecture dès l'école primaire est fondamentale parce que certains enfants grandissent dans des milieux où le livre n'existe quasiment pas. Le inégalités ne sont pas une donnée génétique. La formation est peut-être moins valorisée dans certaines cultures, mais je considère que l’État est responsable d'assurer l'égalité des chances. Il doit former les personnes qui viennent dans notre pays pour répondre aux besoins de l'économie.

(Newsnet)

Créé: 11.12.2012, 11h51

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