mercredi 5 décembre 2012

Les étudiants des EPF passeront à la caisse!

Les Ecoles polytechniques fédérales s’apprêtent à doubler le montant des taxes d’études. A Lausanne et à Zurich, les comités estudiantins sont sur le pied de guerre. La colère bout chez des milliers d’étudiants en Suisse. Le Conseil des Ecoles polytechniques fédérales (EPF) siège dès aujourd’hui. Sauf énorme surprise, il décidera de doubler les taxes d’études. «Elles vont effectivement passer de 1250 francs à 2500 francs par année. Il faut rappeler que cette participation ne représente qu’une toute petite partie des frais de scolarité, dont l’essentiel est assumé par la Confédération, et que l’ensemble de ces recettes sera affecté aux étudiants», indique le chef de communication de l’EPFL, Jérôme Grosse.

Mais les étudiants ne sont pas d’accord avec l’analyse. «Nous avons réalisé un sondage qui montre qu’à partir de 1000 francs, la taxe semestrielle empêcherait certains jeunes d’accéder à nos écoles polytechniques», affirme le président de l’AGEPoly, l’association des étudiants de l’EPFL, Mickaël Misbach.

«Dans notre budget, la hausse représentera un repas par jour, ou un loyer par semestre! Ils veulent juste empêcher les élèves les plus défavorisés de fréquenter l’école», tonne cette jeune femme membre du collectif anonyme MOCAT (Mouvement contre l’augmentation des taxes). «Il y a déjà une forte sélection des étudiants par les notes. Il n’y a pas besoin de sélection par l’argent», conclut-elle.

Huit millions pour quoi?

Le doublement des taxes rapporterait huit millions de francs par année aux EPF. Une goutte d’eau comparée aux sommes colossales investies pour construire des bâtiments rutilants, dénoncent certains étudiants. Les EPF se justifient: «Les deux écoles polytechniques estiment notamment que la hausse est nécessaire pour améliorer le système de bourses actuel, pour garder de bonnes conditions d’études et pour envoyer une sorte de signal sur le renchérissement indéniable des études», indique Jérôme Grosse.

Le conseiller national Mathias Reynard (PS/VS) rétorque: «Si le raisonnement, c’est demander plus de taxes et donner plus de bourses, ça ne va pas! Quel canton va débourser 1300 francs en plus par étudiant? Et le gros risque aujourd’hui, c’est que les universités soient tentées de faire pareil.» Le Saviésan appelle la classe politique à se mobiliser avant qu’il ne soit trop tard.

Mais le front n’est pas uni. Le conseiller national Oskar Freysinger (UDC/VS) verrait d’un bon œil que seuls les étudiants étrangers paient plus. «Ils encombrent le système et ne sont pas les meilleurs, car ils n’ont pas rempli les critères d’accès dans leur pays.» Sa collègue Isabelle Chevalley (PVL/VD) appelle à relativiser. «Les taxes des EPF ne sont pas chères par rapport au coût de la vie en Suisse!»

Les étudiants, qui ont promis de se mobiliser aujourd’hui en marge du Conseil des EPF, ont tout intérêt à avoir une voix qui porte. (Le Matin)

Créé: 05.12.2012, 07h22

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