mercredi 26 décembre 2012

Les grévistes de la Providence se replient à l'église

Chassés tôt ce matin par la police, les grévistes de l'hôpital de la Providence se replient sur le parvis de la basilique catholique de Neuchâtel. Accompagnés de syndicalistes et de politiciens, les grévistes ont symboliquement pénétré dans la basilique en fin de matinée. Ils comptent monter une nouvelle tente devant le bâtiment, alors que le parquet neuchâtelois a fait saisir leur matériel. «Nous condamnons les méthodes de la fondation de la Providence, qui se couche devant l'argent et piétine les principes catholiques qui sont censés la guider! Nous espérons que l'Eglise se montrera plus compréhensive à notre égard», a déclaré Stefan Giger, secrétaire central du SSP (Syndicat des services publics).

Les syndicats SSP et Syna estiment que «l’exercice d’un droit démocratique, soit celui de pouvoir faire la grève, est ainsi violé». Le but de cette grève reste d'obliger le repreneur de la Providence - le groupe privé Genolier - à appliquer la Convention collective de travail du secteur de la santé dans le canton de Neuchâtel. Il est prévu que le nouveau piquet de grève soit installé dès demain matin. Le responsable administratif de la basilique Notre-Dame de l'Assomption a donné son accord de principe.

«La police est intervenue intervenue vers 6h30 ce matin, afin de prendre tout le monde par surprise», témoigne Chantal Hayoz, du syndicat Syna. Elle participe depuis plus d'un mois au piquet de grève qui était installé sur le parking de l'Hôpital de la Providence. La tente et la yourte qui servaient d'abris aux grévistes ont été démontées et séquestrées par la police sur ordre du Ministère public. Cette intervention fait suite à la plainte de la direction de la Providence pour violation de domicile. Des négociations entre les deux parties étaient en cours depuis environ deux semaines mais elles n'ont pas abouti.

Le procureur se justifie

De son côté, le procureur Yanis Callandret justifie ainsi l'opération policière: «Il s'agissait de mettre fin à la violation de domicile constatée mais nullement de mettre fin à l'exercice d'un droit de grève ou de manifestation. Ces deux derniers droits doivent cependant être exercés en tout temps sans en violer d'autres.» Quant à la direction de l'hôpital, elle estime avoir tout fait pour éviter cette escalade: «Nous avons offert aux grévistes de lever leur camp d'eux-mêmes d'ici au 31 décembre, mais ils n'ont rien voulu savoir, explique Benoît Couchepin, porte-parole de la Providence. Pour nous, l'évacuation devenait nécessaire pour des questions de sécurité sanitaire. Des gens du piquet de grève ont en en effet renvoyé des patients en leur indiquant faussement que l'hôpital était fermé!»

Les syndicats, eux, persistent à juger que cette évacuation était illégale et ils vont à leur tour déposer une plainte pénale.

(Le Matin)

Créé: 26.12.2012, 15h27

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