lundi 28 janvier 2013

La Confédération dépense 1 franc sur 3 à Berne

En 2011, la Confédération a dépensé 4889 millions en travaux. Berne se taille la part du lion. Embarrassant alors que la guerre pour la restitution des surplus de primes bat son plein La répartition de la manne des marchés publics n’irrigue pas les cantons de manière égale. Le canton de Berne notamment se taille la part du lion. Avec 31% (soit 1518 millions sur les 4889 millions de travaux adjugés en Suisse), Berne touche à lui seul plus de trois fois ce que reçoivent l’ensemble des cantons romands. Ces chiffres questionnent les élus!

L’Office fédéral des constructions et de la logistique avait déjà rendu public les chiffres des adjudications en décembre. La semaine dernière, ce même office a donné les chiffres détaillés par canton au Tages Anzeiger qui s'est empressé de les publier.

Egalité des chances

Articulé en millions de francs, la comparaison entre Berne (1518 millions, soit 31%) et les cantons romands est cruelle. Ainsi le canton de Vaud touche 163 millions (3,3%), Genève 125 millions (2,6%), Fribourg 130 millions (2,7%) , Jura 23 millions (0,5%), le Valais 53 millions (1,1%) et Neuchâtel 40 millions (0,8%).

De toute évidence, la part revenant aux entreprises de Suisse romande est sensiblement inférieure au poids économique des cantons concernés. «Nous avons un gros travail à faire!», positive Antonio Hodgers.

Le vert genevois a empoigné le dossier de la sous-représentation latine dans les appels d’offres publics de la Confédération depuis deux ans. Et en décembre dernier, il a remporté une première victoire: le Conseil fédéral a accepté sa motion qui exige des mesures pour améliorer l’égalité des chances entre régions linguistiques.

Souci de transparence

Les chiffres publiés vont dans ce sens et dénotent un souci de transparence. «René Graf, le vice-directeur de l’Office fédéral des constructions a pris contact avec moi. Mais aussi avec d'autres acteurs de ce dossier. Il semble très motivé. Mais le problème est complexe. Car les mauvaises habitudes sont prises aussi du côté des entreprises romandes. On constate aussi que, proportionnellement, les entreprises romandes répondent moins aux appels d’offres que les Suisses alémaniques», note Antonio Hodgers.

«La langue de travail utilisée lors des appels d’offres est généralement l’allemand. Cela dissuade pas mal les entrepreneurs romands! De plus, comme ils emportent moins souvent le morceau, ils postulent moins. Comme souvent dans les phénomènes de discrimination, chacun porte une part de responsabilité», commente Antonio Hodgers.

La guerre du fédéralisme

Il n’empêche que la destination et les montants de l’attribution des marchés publics résonnent comme un argument supplémentaire à se pencher avec soin sur le principe de solidarité intercantonale. Effectivement, la polémique sur le fédéralisme bat son plein.

L'épisode actuel de la guerre des primes maladies encaissées en trop dans la plupart des cantons romands au bénéfice de certains cantons alémanique suscite une mobilisation générale des Romands: surtout des cantons de Vaud et Genève, grands contributeurs à la péréquation intercantonale.

Car, encore une fois, le canton de Berne est privilégié. La proximité géographique explique évidemment la surreprésentation bernoise dans les marchés publics, mais 31% c’est tout de même énorme, s’étonne Antonio Hodgers. (Newsnet)

Créé: 28.01.2013, 09h38

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