L’Express reprenait récemment dans ses colonnes quelques-uns des plus édifiants: «Y fallait tirer, pas interpeller… A l’heure qu’il est, ils sont certainement déjà en train de recommencer ailleurs. Des gens comme ça, c’est une balle dans la tête.» Des commentaires que l’officier de presse, chargé du site, a de suite retirés. «C’est vraiment rare qu’on ait dû le faire, là on en a supprimé une douzaine. On a été surpris par la viralité (ndlr: propagation rapide comme un virus) de l’information, ça a été vu par plus de 8500 personnes», constate Pierre-Louis Rochaix, responsable presse de la police neuchâteloise.
Mais alors est-il utile de tout publier sur Facebook? Pour Jean-Marie Bornet, chef prévention et information de la police valaisanne, «il est clair que non, on trie l’info. On ne signale pas systématiquement les accidents, on privilégie les nouvelles positives ou préventives. On ne publie rien tant qu’une enquête n’est pas résolue ou que la famille d’une victime, par exemple, n’a pas été informée.» Et, contre les dérapages, la police valaisanne s’est armée de filtres qui interdisent certains termes. «On a le filtre «connard» par exemple, dès qu’il y est inscrit, le message est bloqué et nécessite notre validation», explique Jean-Marie Bornet.
Appels à témoins et disparition
Si l’expérience Facebook valaisanne a prouvé son utilité lors d’une disparition et d’appels à témoins, l’outil est à double tranchant. Alors que le canton de Genève réfléchit à un projet ciblé sur le recrutement ou les conseils aux usagers de la route, la police vaudoise balance tous ses communiqués. «Pour l’instant, c’est encore en construction, on veut surtout toucher un public jeune», explique Pierre-Olivier Gaudard, responsable presse de la police vaudoise. Même lors d’un homicide, les internautes sont informés et les proches de la victime se mettent parfois à commenter.
Des informations qui n’ont pas encore porté préjudice à une enquête ni ne l’ont résolue. «Quand des gens nous contactent pour un témoignage, on a encore de la peine à savoir par quel canal ils ont eu l’info. Si Facebook a eu un impact», continue-t-il. Ce qui est sûr, c’est que les agents devront faire la police, sur Facebook aussi. (Le Matin)
Créé: 02.01.2013, 10h25
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