mercredi 2 janvier 2013

Les stations découvrent les atouts du «slow»

«Slow slope», «zone 30», «slow ski»: depuis quelques années, les pistes lentes fleurissent dans les stations en Suisse et à l'étranger.Pour les unes, ces tracés sont un moyen de prévenir les accidents, pour d'autres une nouvelle approche de la glisse plus décontractée que sportive. On est loin de la pente pour débutants classique, à savoir courte, pratiquement plate et avec pour toute remontée un arrache-mitaines ou, pour les plus sophistiquées, un tapis roulant. La plupart des tracés estampillés «slow slopes» sont des pistes bleues. Celle de Grindelwald First (BE), précurseur dans le domaine, nommée «zone 30» et créée il y a sept ans, s'étend sur deux kilomètres.

Aujourd'hui, huit stations helvétiques disposent d'au moins une piste lente, a indiqué à l'ats Andreas Keller, de la fédération Remontées mécaniques suisses, co-partenaire du projet-pilote lancé en 2010 avec la Suva et le Bureau de prévention des accidents (BPA). Et une dizaine d'autres ont exprimé un intérêt.

Ces pistes sont particulièrement appréciées des écoles de ski et des familles, selon un sondage effectué par l'ats auprès de plusieurs des stations concernées. Elles sont également fréquentées par des personnes plus âgées, qui maitrisent le ski mais qui souhaitent descendre à leur rythme sans être dérangées, constate Andreas Heim, le chef de pistes de Grindelwald.

Moins de collisions

Les slow slopes «s'adressent à toute personne qui a envie de skier en toute tranquilité», résume Laurent Vaucher de Télé-Thyon. La station valaisanne a profité du projet-pilote pour baliser une piste lente. «La demande s'en était fait ressentir chez nos clients.»

Zermatt, qui compte quatre slow slopes, s'est intéressée au projet pour prévenir les accidents. Et les résultats n'ont pas tardé: «Nous avons constaté qu'il y avait effectivement moins de collisions sur ces pistes», affirme Ryan Imboden, des Zermatt Bergbahnen.

L'enjeu sécuritaire est de taille. Selon une étude de l'Observatoire sport et activité physique suisse, 66'000 skieurs ou snowboardeurs se blessent chaque année. Rien que pour les victimes assurées par leur employeur (34'000), cela représente un coût de 243 millions de francs, estime la Suva.

Quand glisse rime avec vitesse

L'assurance accident se bat depuis longtemps pour réduire le tempo sur les pistes. «Les slow slopes sont dans la lignée de ces efforts», explique le porte-parole Jean-Luc Alt.

Cet hiver, la campagne de la Suva insiste sur un changement de mentalité. En invitant les skieurs à manger une fondue au beau milieu des pistes, il s'agit de montrer que la glisse peut procurer du plaisir en préférant la décontraction à la vitesse.

Malgré les retours positifs et l'effet préventif, les stations suisses n'envisagent pas d'élargir leur offre en pistes lentes. La plupart estime qu'un seul tracé suffit. Il ne s'agit pas d'un argument de vente, tout au plus d'une valeur ajoutée.

Approche plaisir en Italie

Si l'argument de la prévention prime en Suisse, l'approche est différente côté italien. La station de Breuil-Cervinia, reliée à celle de Zermatt (VS), propose depuis deux ans une piste pour un «ski de l'âme, délassant et régénérant», comme elle le décrit sur son site internet.

Baptisé «slow ski», le concept s'inspire du mouvement éco-gastronomique «Slow Food», également né dans la Péninsule. La piste de Cervinia s'adresse aux skieurs qui souhaitent prendre le temps d'apprécier le paysage et la faune. Elle est équipée d'aires de repos panoramiques pour piques-niques ainsi que de panneaux éducatifs.

«L'expérience est comparable à celle de la randonnée alpine, mais à la descente», illustre Walter Galli, porte-parole de la station. La piste est spécialement appréciée des familles et des citadins.

0 comments:

Enregistrer un commentaire