jeudi 31 janvier 2013

«Oui, je vais au MCG»

Désormais à la retraite, Jean Sanchez, ancien adjoint de la cheffe de la police genevoise, se lance en politique sous la bannière du Mouvement citoyens genevois. Il a quitté la police hier. Après 30 ans de bons et loyaux services. Jean Sanchez, 52 ans, chef de la police adjoint à la police genevoise depuis sept ans, ancien conseiller municipal PLR, rejoint dès aujourd’hui le MCG. Il sera sur la liste des candidats pour l’élection au Grand Conseil cet automne. Pour le MCG, c’est une adhésion de poids, comme celle, en 2009, de l’avocat Mauro Poggia devenu député et conseiller national. C’est aussi un pied de nez aux partis de l’Entente (et plus particulièrement du PDC) qui ont enregistré, ces dernières semaines, des démissions au profit du dernier né des partis genevois.

- Vous étiez membre du PLR, non ?

- J’ai été élu sous les couleurs du Parti libéral au Municipal de la Ville de Genève en 2007 et démissionné trois ans plus tard, à l’arrivée à la tête du département d’Isabel Rochat. C’était lourd à gérer quand on fait 60 heures par semaine pour la police.

- Vous rejoignez cette fois le MCG. Pour une surprise…

- J’ai toujours dit que je voyais mal comment marier le parti libéral et le parti radical. Car renforcer le rôle de l’Etat n’est pas compatible avec la liberté individuelle. Le MCG est le seul parti que je vois encore compatible avec cette liberté individuelle, capable d’attirer une majorité silencieuse. Il n’y a pas de dogmatisme au sein de ce mouvement. Et puis c’est le premier qui a défendu les policiers !

- C’est Eric Stauffer qui vous a séduit ?

- Eric est un ami, c’est vrai. Mais j’ai été convaincu tout seul !

- Vous vous rendez compte que cette décision va surprendre, notamment Pierre Maudet, à la tête du Département de la sécurité.

- Pierre Maudet ne m'a jamais posé la question. Je respecte ses idées, son parcours et j'apprécie l'homme. Mais son management est trop directif, je préfère un management participatif. On y gagne en qualité. Il est vrai que j'ai un défaut : je n'aime pas être commandé.

- Vous avez trente ans de carrière à la police. En quoi la criminalité a-t-elle changé ?

- Elle a explosé ! Il y a davantage de trafic de drogue sur la voie publique. Mais les gros braquages, à l’exception de celui de Thônex en 2010, c’est fini. La fusillade des Cropettes (ndlr. derrière la gare, où deux malfrats ont été blessés par balle) a eu un effet positif. Il se dit dans le Milieu que l’on dégaine facilement à Genève. C’est faux mais dissuasif.

- Et en matière de stupéfiants ?

- La scène ouverte de la drogue, telle qu’on la connaissait place du Molard avec tous les drogués, dans les années 80, a disparu, éradiquée en un an par la Brigade de la Voie publique. A l’époque, il y avait très peu de cocaïne en circulation, les peines de prison fermes étaient plus dissuasives et les frontières moins perméables. On pouvait aussi plus facilement expulser les délinquants étrangers.

- Au cours de votre carrière, vous avez connu sept conseillers d’Etat en charge de la police. Qu’est-ce qui a changé ?

- Les directives ont changé à peu près tous les quatre ans. Et puis, au fil des ans, les magistrats se sont de plus en plus mêlés de l’opérationnel. Au sein de la police, on a l'habitude de dire « ordres, contre-ordres, égal désordre ». Il est urgent de soulager les policiers, y compris les cadres, du travail administratif, pour pouvoir se consacrer à l'opérationnel. (Le Matin)

Créé: 31.01.2013, 17h54

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