jeudi 17 janvier 2013

Plus de 63'000 signatures contre les mesures urgentes

Le peuple se prononcera vraisemblablement sur les mesures urgentes de la révision de la loi sur l'asile entrées en vigueur en septembre dernier. Les Jeunes Verts et les organisations non gouvernementales à l'origine du référendum ont déposé jeudi plus de 63'000 signatures à la Chancellerie fédérale à Berne.

Sur 63'224 paraphes, environ 18'000 ont été récoltés en Suisse romande et 1300 au Tessin, a indiqué le comité référendaire. Ces personnes ont donné un «signal contre une politique d'asile qui se durcit depuis plusieurs années et qui criminalise» les requérants, a estimé Andreas Lustenberger, co-président des Jeunes Verts suisses. Elles demandent au contraire une politique migratoire solidaire et respectueuse des droits humains.

Les référendaires se réjouissent de la facilité relative avec laquelle les signatures ont été récoltées au vu des moyens disponibles. Ce succès doit maintenant se traduire dans les urnes: «On ne se cache pas que c'est un peu David contre Goliath», a admis Aldo Brina, co-président de StopExclusion à Genève.

La gauche divisée

Le référendum a été lancé par les Jeunes Verts et plusieurs organisations non gouvernementales. Les Verts, le PCS, la Jeunesse socialiste et plusieurs sections locales du Parti socialiste l'ont soutenu, contrairement au PS suisse et à l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR). «Maintenant que le référendum a abouti, nous espérons que le soutien va s'élargir», a dit Aldo Brina.

Les opposants à la révision contestent la suppression des demandes d'asile dans les ambassades suisses, la non-reconnaissance de la désertion comme motif d'asile et la création de centres spéciaux pour requérants récalcitrants. Les mesures urgentes entrées en vigueur en septembre dernier sont limitées à trois ans. Elles resteront valables au moins un an, quelle que soit l'issue du vote.

«Saucissonage»

En décembre, le Parlement a mis sous toit un nouveau durcissement de la loi sur l'asile. A l'avenir, tous les requérants déboutés ayant reçu un ordre de départ seront privés d'aide sociale. Ceux qui ont commis des actes délictueux ou triché dans les procédures seront quant à eux pénalisés par une réduction ou une suppression des moyens qui leurs sont attribués. Le Parlement a décidé de serrer la vis aussi en matière de procédures.

«Nos organisations manquent de ressources pour lancer ce second référendum», a regretté Aldo Brina. Et de dénoncer des révisions à répétition et un «saucissonage des lois» qui menacent le débat démocratique. (ats/Newsnet)

Créé: 17.01.2013, 18h15

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