mercredi 23 janvier 2013

Quoi de neuf Monsieur Chagaev?

Un an après la faillite de Xamax, le fossoyeur du club végète en attendant son procès qui ne devrait pas intervenir avant 2014. Il refuse de parler, mais «Le Matin» l’a retrouvé. Le temps passe vite. Le 26 janvier prochain, à 15 h 20, cela fera un an que la faillite de Neuchâtel Xamax a été prononcée. Des centaines de créanciers piétinent toujours autour d’un trou estimé à plus de 30 millions de francs. Responsable de la débâcle, Bulat Chagaev doit, lui, trouver le temps long. Le vrai faux milliardaire tchétchène est toujours ici, en Suisse, sans permis valable et assigné par la justice neuchâteloise à prouver sa présence deux fois par semaine devant les autorités de son lieu de résidence, à Saint-Sulpice (VD). Depuis sa libération de prison préventive le 25 mai 2012, il ne fait plus beaucoup parler de lui, à part un excès de vitesse (155 km/h au lieu de 120 km/h) l’été dernier qui lui a valu un retrait de permis.

En voiture pour 200 mètres!

C’est d’ailleurs avec cet argument qu’il a réussi à se faire dispenser de se rendre au poste de gendarmerie de Renens, le plus proche de son domicile, pour prouver sa présence sur le territoire. Il a obtenu d’effectuer ce contrôle dans sa commune de Saint-Sulpice. Un photographe du «Matin» a ainsi réussi à retrouver sa trace hier sur le coup de 14 h. Bulat Chagaev est arrivé devant l’administration communale à bord d’une BMW conduite par un chauffeur. Parqué sur la>>>>case réservée aux handicapés, Bulat Chagaev a rapidement montré patte blanche. Dans son pantalon de training et son T-shirt king size, il a ensuite refait en voiture les 200 mètres qui séparent le Contrôle des habitants de sa villa au bord du lac Léman.

Voilà donc à quoi ressemble le quotidien de celui qui a fait faussement croire qu’il allait couvrir d’or Neuchâtel Xamax. Fidèle à lui-même, il a de nouveau changé d’avocat. Ce dernier, Me Valentin Lavrov, à Genève, nous a fait savoir que son client «ne désire pas s’exprimer pour le moment».

Déchu et esseulé

Syndic de Saint-Sulpice, Jean-Charles Cerottini indique pour sa part que «M. Chagaev se montre fort discret, et peu de monde vient le voir». Selon un proche, le boss déchu de Xamax vit principalement reclus dans sa villa de Saint-Sulpice, achetée au nom de son épouse et grevée d’une caution de 700 000 francs versée pour sa libération provisoire. Le provisoire risque de durer car, de l’aveu même du procureur général neuchâtelois, Pierre Aubert, le sort judiciaire de Chagaev ne sera pas fixé avant longtemps. «Il serait étonnant que nous puissions renvoyer le dossier devant un tribunal cette année encore», précise le procureur.

Responsable de l’Office neuchâtelois des faillites, Thierry Marchand indique que «l’état de collocation de la faillite devrait pouvoir enfin être notifié dans les semaines à venir». En clair, les prétentions de plus de 300 créanciers seront établies, mais des contestations et des procès civils en cascade sont prévisibles. Pendant ce temps, Bulat Chagaev pourra dormir à peu près tranquille, même si un proche indique qu’il n’a à peu près plus aucune activité et qu’il accumule les dettes à titre privé. Pour donner le change, le Tchétchène a toujours une secrétaire qui répond à l’adresse des bureaux genevois de sa société, Dagmara Trading. «Mais il n’a aucune activité commerciale, à part quelques arrivées d’argent de l’étranger», indique un connaisseur du dossier.

L’argent qu’il a pu pomper en Tchétchénie pour le rachat de Xamax semble en tout cas bien évaporé. Et chez lui, à Grozny, on n’a définitivement plus envie d’entendre parler de lui. «Je ne sais plus ce que devient M. Chagaev et je ne cherche plus à le savoir!» nous a ainsi déclaré Khaidar Alkhanov, ministre des Sports tchétchène.

Malvenu chez lui en Russie, coincé en Suisse, Bulat Chagaev va-t-il rebondir comme l’affairiste de série B qu’il a toujours été? Ou va-t-il sombrer avant même son procès? Rendez-vous dans un an. C’est vite passé! (Le Matin)

Créé: 23.01.2013, 11h44

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