Déterminer combien de CO2 il a fallu pour amener des fraises jusqu’à votre assiette, est-ce vraiment utile? «Cela permettrait à chacun de faire des choix, non seulement en fonction du prix, mais aussi en fonction de l’impact écologique», se réjouit Mathieu Fleury, secrétaire général de la Fédération romande des consommateurs, qui participe au groupe de travail fédéral.
Entre doutes et scepticisme
Au risque de voir le coût de l’étiquette écolo se répercuter sur nos porte-monnaie ou fragiliser les producteurs locaux? «Ce sont justement là des enjeux majeurs. Il faut maintenant bien réfléchir à la méthode d’étiquetage et à son financement. Nous devons éviter que seules les multinationales puissent suivre le standard», estime Mathieu Fleury. Directeur de l’Union suisse des paysans, le conseiller national Jacques Bourgeois (PLR/FR) n’y croit guère: «Il est difficile de déterminer exactement quel produit a quel impact en termes de CO2. Pensez à tous les intermédiaires. Je ne vois pas comment appliquer cette mesure. Faisons déjà toute la transparence sur l’origine des matières premières des produits en vente. En voyant des asperges du Mexique au magasin, on sait bien qu’il a fallu quelques barils de pétrole pour les faire venir!» Et de rappeler que le Conseil fédéral avait promis de faire un rapport sur l’économie verte avant une intervention politique.
Cette réforme fédérale en préparation a un but: permettre à la Suisse de diminuer d’un tiers son empreinte écologique. Le conseiller national Antonio Hodgers (Verts/GE) doute que cela soit possible ainsi. «Cet étiquetage est bien gentil, mais cela ne sera sans doute pas suffisant!» Les écologistes préfèrent leur initiative «pour une économie verte», qui vise davantage les entreprises que les consommateurs. Le citoyen pourrait, au final, devoir choisir entre l’un et l’autre par un vote. (Le Matin)
Créé: 28.01.2013, 07h15
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