lundi 11 février 2013

«Dans un tiers des cas, la traçabilité est problématique»

La Suisse n'est pas directement touchée par le scandale des lasagnes à la viande de cheval. Mais ces révélations posent la question du contrôle et de la traçabilité des produits carnés. Avant d'atterrir dans les assiettes, la viande peut, parfois, voyager longuement. Le temps de passer de main en main, de l'éleveur à l'abattoir puis du fournisseur au préparateur. A la fin de ce long périple, la viande, surtout hachée et camouflée dans des lasagnes surgelées, peut tromper les apparences.

Le scandale européen des lasagnes Findus confectionnées par la société française Comigel et contenant de la viande de cheval, alors que seule figurait la mention «viande de bœuf» sur l'étiquette, a soulevé le problème de la traçabilité des denrées alimentaires.

En Suisse, Findus appartient au groupe Nestlé, (NESN 64.2 0.39%) et «pour la confection de ces lasagnes, seule de la viande de bœuf provenant de fournisseurs suisses est utilisée», comme le souligne Philippe Oertlé, responsable de la communication de Nestlé Suisse. Le scandale n'éclabousse donc pas le pays, mais il n'échappe pas à la question de la traçabilité.

«Nous allons lancer prochainement une campagne sur la traçabilité des produits à base de viande en Suisse. Suite aux contrôles, nous avons constaté que dans un tiers des cas, la traçabilité n'est pas garantie, avec des documents absents ou non fiables», relève Bernard Klein, chimiste cantonal du canton de Vaud. Et d'ajouter que «les producteurs, auxquels incombe la responsabilité première, doivent se responsabiliser, tout comme les distributeurs».

Renforcer les contrôles

Un certificat d'origine de la viande est théoriquement obligatoire, mais les distributeurs n'ont pas l'obligation de le présenter à l'inspection des denrées alimentaires cantonales pour commercialiser leurs produits. Et les services de la consommation et des affaires vétérinaires des cantons de Vaud et de Neuchâtel, responsables du contrôle de la viande pour toute la Suisse romande, n'ont pas la capacité de vérifier tous les produits.

«Sur la viande, nous effectuons environ cent contrôles par mois, dans les supermarchés, les restaurants ou auprès des bouchers», explique Bernard Klein.

En Suisse romande, outre le scandale de la viande contenue dans les kebabs, qui s'était avérée parfois bien différente de ce qui était mentionné – comme l'avait révélé en 2011 l'émission «à bon entendeur» de la RTS –, le chimiste cantonal vaudois affirme «n'avoir pas rencontré de problèmes majeurs».

Audits réguliers chez Nestlé

Il affirme pourtant, qu'au vu du récent scandale, «les contrôles de produits surgelés importés vont augmenter». Même si, selon lui, en Suisse, les contrôles de qualité et de provenance, placés sous l'égide générale de l'Office fédéral de la santé publique et de l'Office vétérinaire fédéral sont efficaces.

Chez Nestlé Suisse, le scandale des lasagnes à la viande de cheval fait aussi réagir. Philippe Oertlé note que l'entreprise est très attentive à la qualité des ingrédients et de leur provenance. «En ce qui nous concerne nous sélectionnons déjà soigneusement tous nos fournisseurs. Nous menons des audits réguliers auprès de ces derniers, nous demandons les certificats d'origine et nous effectuons des contrôles de qualité», relève -t-il.

La tromperie dont les consommateurs de Grande-Bretagne ont été victimes ne touche pas directement la Suisse. Mais ces révélations vont certainement interpeller tous les acteurs de la chaîne alimentaire. (Newsnet)

Créé: 11.02.2013, 19h22

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