«Des chercheurs américains ignorants du terrain»
Les raisons de ce revirement trouveraient leur source dans la composition du conseil d'administration du groupe pharmaceutique. «Très peu de ses membres possèdent du capital et une connaissance du monde des affaires», juge Beat Kappeler, qui précise: «En réalité, seuls Pierre Landolt et Andreas de Planta détiennent du capital. Les autres sont majoritairement des chercheurs américains qui ne savent rien du terrain et ignoraient sans doute l'existence d'une votation dans deux semaines.»
«Créatures de Vasella»
Ces hommes, «des créatures de Vasella qui auraient vu leurs émoluments tripler sous son règne et qu'il gérait à sa guise», auraient été surpris et effrayés par la vague d'indignation générée par le montant des indemnités allouées. «Ils ont alors vu qu'ils avaient commis une grave erreur», estime l'économiste.
«La pression populaire se révèle efficace»
Ce changement de cap est-il de nature à infléchir la position des Suisses par rapport à l'initiative Minder? Beat Kappeler, qui la juge trop rigide et préfère le contre-projet indirect, n'en sait rien, mais il juge qu'il «rend plus crédible la première réaction des milieux économiques et des capitaines d'industrie: il démontre qu'il existe d'autres moyens que l'initiative Minder pour influencer les décisions des conseils d'administration, notamment la pression populaire, qui se révèle efficace».
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