jeudi 7 février 2013

Nouveaux tests de blé OGM en plein air

Les chercheurs pourront mener en Suisse dès 2014 de nouveaux essais de dissémination avec des plantes génétiquement modifiées sur trois hectares de champs à Reckenholz (ZH). L'Université de Zurich a déposé une demande d'autorisation à l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) pour tester du blé modifié.

Les chercheurs de l'université veulent savoir si ces cultures peuvent résister en plein air à la maladie fongique qu'est l'oïdium, après des essais positifs en laboratoire, a indiqué jeudi dans un communiqué la Station de recherche Agroscope qui met à disposition le nouveau site. Il s'agit aussi d'observer les effets du blé modifié sur l'environnement.

Ces tests, dont les premiers résultats sont attendus après deux ans, s'inscrivent dans le cadre du programme de recherche «Utilité et risques de la dissémination des plantes génétiquement modifiées» (PNR 59). Des essais semblables ont été menés à Pully (VD) et Reckenholz de 2008 à 2010.

Actes de vandalisme

Responsable de la sécurité technique du site de Reckenholz, Agroscope devra installer une clôture ainsi qu'un système d'alarme. Il devra aussi observer et surveiller en permanence le site afin d'empêcher la propagation des plantes et de protéger celles-ci contre les actes de vandalisme.

Ces derniers sont légion dans le cadre de recherches liées au génie génétique. Des activistes avaient détruit environ les trois quarts de la précédente parcelle d'essai zurichoise et, à Pully, un champ avait été inondé d'un mystérieux liquide. Selon Denise Tschamper, porte-parole d'Agroscope, la sécurité a été renforcée après les actes de vandalisme de Reckenholz.

Greenpeace grogne

Les trois hectares de surface expérimentale de Reckenholz ne plaisent pas à Greenpeace: «la Suisse n'a pas besoin de ces nouveaux essais de dissémination à l'air libre», écrit l'organisation environnementale dans un communiqué. Les effets des cultures génétiquement modifiées sur la santé des hommes et des animaux ne sont pas connus, ajoute-t-elle.

Contactée par l'ats, Marianne Künzle, experte en agriculture à Greenpeace, a assuré que la question des essais sur les plantes génétiquement modifiées «sera étudiée et que des mesures seront examinées». Greenpeace continuera à s'engager «pour une Suisse sans génie génétique», souligne-t-elle.

Résultats contradictoires

Le programme PNR 59, lancé en 2005 peu après l'acceptation du moratoire pour une agriculture sans OGM, compte neuf sujets de recherche, dont deux concernent le blé modifié et sept les dangers sur l'environnement. Les scientifiques ont cherché à savoir si les cultures transgéniques affectaient les vers de terre, les bactéries du sol ou les champignons.

Ils ont indiqué en 2011 n'avoir trouvé aucun effet négatif. Ces résultats s'opposent à ceux d'une étude menée en 2012 par des chercheurs de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), selon lesquels le blé modifié est non seulement nuisible aux parasites, mais aussi aux coccinelles qui le consomment, par exemple.

Le moratoire sur la culture commerciale de plantes génétiquement modifiées échoit à fin 2017. Le Conseil fédéral a proposé fin janvier la levée de l'interdiction des OGM après ce délai. Le moratoire n'inclut pas la recherche dédiée à rassembler des connaissances pour les mettre à disposition du monde politique, soumise à des conditions strictes. (ats/Le Matin)

Créé: 07.02.2013, 16h02

0 comments:

Enregistrer un commentaire