Face au scandale des primes payées en trop par certains assurés, Helsana a décrété: «Il ne saurait être question d’accepter que les autorités invoquent agir «au nom du peuple» pour puiser dans les réserves des assureurs.»
La faute aussi aux assureurs?
De son côté, le Groupe Mutuel est-il choqué de cette prise de position? «Puiser dans les réserves est la plus mauvaise des solutions», répond Yves Seydoux, porte-parole du groupe. Les assureurs ne doivent-ils pas accepter de mettre la main à la poche pour réparer leurs erreurs? «On n’a pas la vue d’ensemble de toutes les primes prélevées dans un canton. Nous sommes garants des primes pour notre propre collectif d’assurés. Il n’y a que l’autorité de surveillance qui peut voir les déséquilibres. Les assureurs n’en sont donc pas responsables!»
«Ce n’est pas M. Schmutz qui décide, mais le Parlement!» rappelle Pierre-Yves Maillard. «Même si Helsana a une grande influence aux Chambres fédérales, ils pourraient au moins garder les formes!» Sans compter que, d’après le conseiller d’Etat vaudois, Helsana est l’un des assureurs qui ont beaucoup trop prélevé de primes dans le canton. «Probablement en toute connaissance de cause», ajoute le socialiste. «Helsana était l’un des assureurs les plus chers. Malgré des marges élevées, l’entreprise a souvent décidé d’augmenter ses primes. Il s’agissait selon moi de perdre des assurés car le collectif vaudois n’avait pas le bon profil de risque.» Malgré leurs dires, les assureurs ont donc peut-être aussi une part de responsabilité.
Ce qui ne les empêche pas d’ailleurs de menacer d’augmenter les primes, si les autorités puisent dans leurs réserves. Le communiqué d’Helsana est sans équivoque: «A défaut, nos clients devront payer le prix des dommages causés par les politiciens et l’administration.»
Des hausses pas nécessaires
Or cette menace n’aurait pas lieu d’être: les assureurs disposent de près de 2 milliards d’excédents par rapport aux réserves légales exigées. Un peu plus de la moitié de ces excédents suffirait. Il ne serait donc pas nécessaire d’augmenter les primes pour renflouer les réserves.
Aux yeux de Pierre-Yves Maillard, l’attitude péremptoire des assureurs n’est pas respectueuse des institutions. «S’ils font de grosses marges dans la LAMal, elles ne leur appartiennent pas. Elles dépendent de prélèvements obligatoires, contrôlées par l’autorité. Ils ne vendent pas des aspirateurs!»
La lutte continue
En parallèle, la mobilisation ne faiblit pas: le Grand Conseil fribourgeois a adopté à l’unanimité hier une résolution exigeant le remboursement des primes. (Le Matin)
Créé: 08.02.2013, 13h52
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