mardi 19 février 2013

Thomas Minder: «Vasella cède à la rue»

Le président du conseil d'administration de Novartis a entendu les critiques soulevées par la révélation du montant de sa clause de non-concurrence et renonce aux 72 millions.Le peuple a fait plier le président sortant de Novartis, se réjouit le conseiller aux Etats indépendant qui «s'incline devant la révolte du souverain». L'auteur de l'initiative contre les salaires abusifs, Thomas Minder, estime que «la pression publique est devenue trop forte». Pas surpris par la décision de M. Vasella, Minder estime qu'on ne peut d'ailleurs «pas renoncer à quelque chose auquel on n'a pas droit».

«La tentative de Daniel Vasella de «jouer les Winkelried» n'a vraiment pas eu de succès», ajoute Thomas Minder. Selon lui, il n'est en rien nouveau que de tels patrons se rétractent soudain quand la pression croît. C'est pourquoi la décision de M.Vasella ne surprend pas le moins du monde l'industriel schaffhousois.

«Les dégâts sont faits»

Christophe Darbellay estime qu'inverser la tendance en faveur de l'initiative contre les salaires abusifs sera très compliqué. «Les dégâts sont faits dans un débat où il a été très difficile d'être objectif», déclare-t-il. Christophe Darbellay ne veut pas cependant sous-estimer l'importance des derniers jours de campagne et garde espoir.

«Reconnaître une erreur est un signe de grandeur», ajoute le président du PDC, qui ne croit en aucun cas que Daniel Vasella a cédé aux pressions des opposants à l'initiative de Thomas Minder. «Il n'en a en tout cas pas subi de ma part, ni de personne si ce n'est celle de la rue. Je le connais: il est assez intelligent pour faire son autocritique tout seul avec son conseil d'administration», a ajouté le conseiller national valaisan.

«Renoncement trop tard»

La décision de Daniel Vasella de renoncer à sa clause de non-concurrence constitue une preuve de l'échec du système actuel, a déclaré mardi à l'ATS le président du Parti libéral-radical, Philipp Müller. «Nous devons à l'avenir éviter de nouveaux Vasella».

M. Müller considère comme insignifiant le fait que Daniel Vasella renonce à ses 72 millions. Selon lui, le mal est déjà fait. Ce cas démontre qu'il est urgent d'agir pour réformer un système autorisant le versement d'enveloppes démesurées.

Le président du PLR estime que la pression de l'opinion publique a contribué de façon décisive à la décision de M. Vasella. Les réactions des milieux bourgeois ont également eu une certaine influence. Selon Philipp Müller, ce cas particulier ne devrait pas avoir de conséquence sur la votation du 3 mars prochain.

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