mercredi 6 février 2013

Un faux courrier prône le retour du fichage

par Henri Della Casa - Une lettre signée par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga dénonce le tout sécuritaire. Les auteurs de la missive seront poursuivis. Plusieurs habitants de Suisse romande ont reçu ce courrier. Il porte l’en-tête du Département fédéral de justice et police (DFJP) et usurpe l’identité de la ministre Simonetta Sommaruga. Son contenu laisse pourtant peu de place au doute: il milite pour des examens psychiatriques de dangerosité soumis à l’ensemble de la population. Et redirige vers un site qui, tout en admettant la «farce», dénonce les lois d’internement prévues dans le Code pénal.

«Cette lettre est un faux et une copie a été transmise à la police judiciaire fédérale pour enquête», indique le DFJP. L’acte est poursuivi d’office pénalement. La police genevoise établit désormais un lien entre ce faux et les déprédations ayant visé le Département de la sécurité (DS) à Genève mardi. C’est que leur timing n’est pas anodin.

Selon les sites antifascistes ou anarchistes, des journées d’actions contre toutes les prisons du pays devaient en effet se tenir à ces dates. A l’origine de l’appel: un groupe opposé à la détention, proche de la mouvance anarchiste. Il estime que «la fonction principale de la prison est de forcer les pauvres et les insoumis à se résigner à leur condition: trimer toute sa vie afin d’engraisser les riches». Un message que l’on retrouve dans les tags adressés au chef du DS.

D’après un connaisseur des mouvances de gauche radicale, la menace n’est «pas importante». Ce n’est pas l’avis du Service de renseignement de la Confédération, qui écrit dans son dernier rapport annuel que le «potentiel de violence» au sein de l’extrémisme de gauche reste élevé.

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