Termes techniques difficiles
«M. Maurer parle bien l’anglais, précisait hier sa porte-parole, Karin Suini. Ce n’est pas sa langue maternelle, mais il se débrouille. Seulement il s’agit ici d’un texte d’une soixantaine de pages avec plusieurs centaines de pages d’annexes. Même dans sa langue maternelle, il est très difficile de comprendre les termes techniques et la technologie de l’aéronautique. Il laisse à ses experts le soin du détail, mais il est courant de ce qu’il y a dans ces documents.»
Dans les débats, le sénateur Luc Recordon (Verts/VD), membre de la Commission de la politique de sécurité, avait pourtant tenté de renvoyer l’affaire en commission: «Le contrat d’acquisition est extrêmement long, complexe, pas rédigé dans une langue nationale. Il contient des clauses très inhabituelles et il nous a été présenté assez tard. Il faut y consacrer davantage d’attention que l’assez bref moment que nous lui avons voué.»
Hormis l’aspect technique, Luc Recordon estime que le contrat aurait dû être traduit: «Cela peut être fait par un cabinet de traduction juridique. Cela doit coûter 10 000 ou 20 000 francs, mais on peut faire cet effort pour un achat de 3,2 milliards.» Didier Berberat (PS/NE) partage cet avis: «Il n’appartient pas forcément à un conseiller fédéral de lire les subtilités du contrat de la première à la dernière page. Mais quand on achète pour 3,2 milliards de francs on peut exiger que le contrat soit au moins dans une langue nationale.»
Attitude mal perçue
Pour Jean-René Fournier (PDC/VS), le malaise est plus général que la question de la langue. L’attitude d’Ueli Maurer est ressentie comme de la désinvolture. «Un chef de département ne peut pas se permettre de dire qu’il n’a pas une connaissance personnelle approfondie du contrat. C’est une attitude irresponsable. Dans ce dossier, c’est une erreur de communication de plus et certainement pas la dernière.» La loi sur l’achat du Gripen va passer à la Chambre du peuple, probablement au mois de juin. Le conseiller national Ueli Leuenberger (Verts/GE) ironise: «Il faut avoir assez de culot pour présenter à la commission un document en anglais. Y a-t-il quelqu’un dans son bataillon qui puisse faire traduire ce contrat dans une langue nationale?» Juste pour voir si le diable se niche dans les détails.
(Le Matin)
Créé: 07.03.2013, 07h20
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