«Je savais que cela se jouerait à quelques milliers de voix, mais là je n’ai plus de mots…» Sa cheffe de campagne, sa femme, Ghislaine, était aussi émue: «Ma surprise est totale. Mais il y a le deuxième tour. Il faut rester les pieds sur terre.» Oskar Freysinger était presque gêné lui-même d’un tel triomphe: «Les citoyens ont voulu donner une chance à un caractère un peu différent. Ils ont voté un style. J’ai gagné la guerre, mais je dois préparer la paix.»
Dimanche noir pour Varone
Mais pour Christian Varone, ce dimanche après-midi a pris les allures d’une descente aux enfers. Confiné au stamm du PLR, le Café du Marché, il est resté assis, immobile durant de longues heures, à regarder tomber les résultats. Commune après commune, même dans les bastions du PLR, l’écart s’est confirmé inéluctablement. Son chef de campagne, Philippe Nantermod, essayait de jouer les bons perdants en tweetant «Chapeau à Oskar. Très bon score». Celui de Christian Varone n’était pourtant pas si mauvais, légèrement au-dessus de la force de son parti avec 23,8% des voix, mais sa candidature n’a guère attiré au-delà. A l’heure des comptes, le candidat Verts Christophe Clivaz (11,6% des voix) saluait le vainqueur du jour qui représente «une volonté de changement de passablement de Valaisans». «Mais pas un changement clivatique!» plaisanta Oskar Freysinger.
Dans cette élection, Christian Varone a également perdu contre la socialiste sortante Esther Waeber-Kalbermatten, pour trois mille voix. Dans ces conditions, un deuxième tour paraît difficile. Mais l’homme à la devise «Pa capona» voulait y croire encore un moment: «Dans la mentalité libérale-radicale, on lutte jusqu’au bout», a-t-il dit. En réalité, c’est l’assemblée générale du PLR, prévue ce soir à Martigny, qui décidera. D’après nos sources, il est peu probable qu’un nouveau candidat se lance contre Esther Waeber-Kalbermatten.
Par ailleurs, Christian Varone n’a pratiquement aucune chance de gagner un second duel contre Oskar Freysinger. Le PDC, par la voix de son président Michel Rothen, a laissé entendre que son parti n’apportera pas d’aide. «Ceux qui aimeraient recevoir doivent d’abord apprendre à donner», a-t-il déclaré, faisant allusion au fait que les sympathisants du PLR n’ont pas voté pour les candidats du PDC au premier tour. (Le Matin)
Créé: 04.03.2013, 08h13
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