mercredi 6 mars 2013

Le sauveur du PLR

Le candidat du PLR veut faire oublier le cuisant échec de Christian Varone et défendre une meilleure représentation des francophones au gouvernement valaisan. Léonard Bender parviendra-t-il à sauver le siège des libéraux-radicaux valaisans? En 2008, en quittant la vice-présidence du PLR suisse, l’avocat de Martigny avait décidé de se retirer de la scène politique. Mais la maison brûle. A 56 ans, il se retrouve soudain sur les traces de son père Arthur Bender, conseiller d’Etat de 1965 à 1979. Quand on évoque le radicalisme valaisan, Léonard Bender n’est jamais très loin. Ainsi s’était-il mis au service de la campagne de Christian Varone. Jusqu’à la déconfiture de dimanche.

Au moment de reprendre le flambeau, il constate que le premier tour a été biaisé: «Il y a eu une confrontation dans le district de Sion, une élection dans l’élection qui a faussé le jeu. Ce duel a été remporté par Oskar Freysinger qui a gagné son ticket d’entrée au gouvernement. Au deuxième tour, je suis candidat pour défendre un siège que la minorité PLR occupe depuis 75 ans. Et au bout, c’est le peuple qui fait le classement.»

Léonard Bender sait très bien que le classement, ce sont d’abord des chiffres. Dimanche dernier, le candidat PLR a terminé à 3000 voix derrière la socialiste Esther Waeber-Kalbermatten et à 14 000 voix derrière le troisième PDC, Maurice Tornay. Si le PLR veut garder son siège, celui de la socialiste est assurément le plus proche à atteindre. Le président des socialistes valaisans Gaël Bourgeois a d’ailleurs immédiatement qualifié la nouvelle candidature PLR d’«attaque frontale». «Sous pretexte de défendre une minorité politique, le PLR met en danger trois autres minorités: la minorité de gauche, la minorité femme et la minorité linguistique.»

Excellent débatteur

«Je n’ai pas de cible, rétorque Léonard Bender. Les gens ne doivent pas se sentir agressés, et nous n’avons pas à nous excuser de défendre notre siège.» Le conseiller national Christophe Darbellay (PDC/VS) estime que M. Bender en a les moyens: «C’est un excellent débatteur. Mais c’est aussi un radical «génétique», légèrement sectaire. Et dans cette élection, il faut être l’élu de tout le monde. Je ne comprends pas qu’il commence par tirer sur le PS et le PDC.» Léonard Bender se défend de l’avoir fait: «Je dis simplement que l’on peut se poser la question de savoir si un parti, le PDC, dont les candidats font entre 34 et 37% des voix, peut encore prétendre à trois sièges au gouvernement.»

Son collègue de parti, le conseiller national Jean-René Germanier, estime lui que la représentation du Haut-Valais devient problématique. «Le vote haut-valaisan exclut le PLR du gouvernement. Avec Jean-Michel Cina, Esther Waeber-Kalbermatten et Oskar Freysinger, la partie germanophone occupera deux sièges et demi alors qu’elle ne représente aujourd’hui plus que 25% de la population valaisanne.» Léonard Bender estime la question légitime: «Au moment où le canton est confronté à une sorte d’impuissance politique après la Lex Weber et la LAT, on ne peut pas éjecter du gouvernement une force aussi représentative du Valais romand que le PLR.»

Il a jusqu’au 17 mars, date du second tour, pour faire passer le message. (Le Matin)

Créé: 06.03.2013, 13h53

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