Cette initiative de la jeunesse socialiste n'impose pas un salaire minimum même si la référence de 4000 francs a été avancée dans les arguments des initiants. Le texte entend fixer plusieurs salaires minimaux selon les secteurs. Les montants seront calculés sur une moyenne nationale. Ils devront ensuite être avalisés par le Parlement.
Liberté économique
L'initiative populaire a été adoptée par 11'198 voix contre 9445. La participation s'est élevée à 38,14%. Le gouvernement, les partis de droite et les milieux patronaux n'ont donc pas réussi à convaincre la majorité des citoyens que l'initiative n'était pas compatible avec la liberté économique et le partenariat social.
Pour les opposants au salaire minimum, l'Etat n'a pas à intervenir dans la politique salariale des entreprises. Ils ont expliqué lors de la campagne que les mesures adoptées par le gouvernement pour revaloriser les bas salaires étaient suffisantes. Ils ont aussi formulé des doutes sur la mise en oeuvre de cette initiative.
Lutte contre le dumping salarial
La gauche et les syndicats ont affirmé qu'il était indispensable au contraire d'introduire des salaires minimaux pour lutter contre le dumping salarial dans une région qui emploie 7000 frontaliers. Ils ont répété que les salaires dans le canton du Jura étaient, avec ceux du Tessin, les plus bas de Suisse.
Avant le Jura, d'autres cantons romands s'étaient déjà prononcés sur un objet semblable. En 2011, le droit à un salaire minimum a ainsi été accepté par les citoyens neuchâtelois mais refusé par ceux des cantons de Genève et de Vaud.
Sur le plan suisse, le Conseil fédéral a recommandé le rejet d'une initiative syndicale préconisant un salaire minimum de 4000 francs par mois. Il estime qu'elle sonnerait le glas du modèle suisse de partenariat social et mettrait en difficultés des entreprises, en particulier dans les régions périphériques où les salaires sont traditionnellement moins élevés.
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