mardi 5 mars 2013

Les Romands veulent plus de moyens pour les familles

Les Romands veulent clairement plus d’actions et de moyens pour les familles. Le vote de dimanche force les politiques à se bouger. Reste à attendre les résultats. Une vraie politique familiale en 2013? A la corbeille. Le vote de dimanche a choqué, surtout en Suisse romande, qui s’est prononcée largement en faveur de l’article constitutionnel pour les familles. Les parents veulent pouvoir mieux organiser leur quotidien. Et ils estiment urgent de s’en préoccuper. Sans argent, sans débat, la campagne qui devait les soulager a tourné au ridicule. Mais la gueule de bois passée, le signal donné par les Romands semble parvenir au Palais fédéral.

«Un vrai thème politique»

«Dimanche, j’ai pensé à toutes les mères qui jonglent en permanence. C’est rageant d’observer à quel point on les méprise!» s’indigne la vice-présidente des femmes socialistes, Cesla Amarelle (PS/VD). Le conseiller national Hugues Hiltpold (PLR/GE) la rejoint. «Mon parti porte une responsabilité dans cet échec, mais je rappelle que toutes les sections romandes du PLR soutenaient l’article. Ce qui est positif peut-être, c’est que la famille devient un vrai thème politique.»

La famille devient plus qu’un thème: elle est désormais inscrite à l’agenda et surlignée en rouge. Car sonnés par la victoire de l’UDC seule contre tous, les autres partis se réveillent. Pour ne pas laisser échapper sa marque de fabrique, le PDC a son programme. «Nous demandons une défiscalisation des allocations familiales ainsi que l’introduction d’une allocation pour les proches aidants, c’est- à-dire les pères ou mères qui s’occupent de parents. Nous soutenons le programme fédéral d’impulsion pour des crèches, mais aussi la création d’infrastructures pour décharger les proches aidants. Enfin, nous souhaitons réintroduire la déduction fiscale pour famille à un salaire», liste la conseillère nationale Lucrezia Meier-Schatz (PDC/SG).

Des aides ciblées

Le Parti socialiste mise désormais sur des aides ciblées. «Nous continuons à soutenir le programme fédéral d’impulsion pour des crèches. Nous demandons aussi des prestations complémentaires pour les familles et une augmentation des allocations familiales. Enfin, pour les proches aidants, nous aimerions une reconnaissance par les assurances sociales», évoque la conseillère nationale Cesla Amarelle.

Le PLR a aussi compris qu’il fallait se bouger à Berne. «Nous comptons agir sur la déductibilité des frais de garde. Une proposition va être déposée au niveau fédéral», indique Hugues Hiltpold. Le jeune papa estime que la question de société est brûlante. «Vous avez d’un côté la famille héritée du XIXe siècle, où papa travaille et maman cuisine. L’UDC veut défendre cette image d’Epinal. Mais >>>>notre vision est plus pragmatique. Le gosse avec une clé autour du cou pendant que les parents travaillent, c’est du passé!»

Et l’UDC, grande gagnante du vote de dimanche? Elle se sent pousser des ailes et se réjouit déjà du débat à venir le mois prochain sur son initiative pour «lâcher la grappe fiscale aux familles qui gardent leurs enfants», comme l’explique le conseiller national Yves Nidegger (UDC/GE). Un retour au modèle dit traditionnel? «Non. Nous avons une vision conservatrice, c’est tout. Mais la famille est le sujet du futur et enfin, les pontes alémaniques du parti l’ont compris!» L’UDC était garante des frontières, elle veut devenir garante de la famille. Les autres sont prévenus.  (Le Matin)

Créé: 06.03.2013, 07h21

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