En attendant, il a déjà livré cinq longues pages d’explication dans lesquelles il se confond en excuses. Dans cette lettre, que s’est procurée «Le Matin», le cadre reconnaît son erreur. S’adressant au trésorier, il débute par: «Je tiens à m’excuser et suis désolé du tort que j’ai pu créer.» Se justifiant pour certains achats privés, il tente de se rattraper en arguant que «ces achats ont été faits dans l’esprit de favoriser la section».
Un «bon esprit» qui a commencé en mars 2010 déjà. Selon les documents en notre possession, les premiers dérapages du secrétaire général commencent par l’achat d’un tracteur tondeuse d’une valeur de 4295 francs. L’engin, bien que payé par le TCS, a fini chez lui. S’ensuivent une liste de matériel de construction, un chauffage pour piscine, une table de ping-pong, une bâche pour palmier, un home cinema, un iPod nano, des ordinateurs, etc. Au total, un montant de plusieurs dizaines de milliers de francs dépensés avec sa carte de crédit professionnelle du TCS. Du matériel en partie destiné à sa propriété de Lugrin, en France voisine, et à sa famille.
Un iPod nano pour une collègue
Le secrétaire général continue ses emplettes jusqu’au jour où il apprend l’existence d’une dénonciation pénale le concernant. Lors d’une série d’allers-retours entre sa maison et le Centre technique du TCS à Cossonay, il rapporte des objets. Ainsi, selon des témoignages de collaborateurs, dès le 27 février 2013, P. F. a entre autres ramené le siège du tracteur de la tondeuse à gazon, un appareil Kärcher, un home cinema, une console de jeux pour enfants, une scie, un trépied de géomètre, etc. Le tout au moyen d’une camionnette… du TCS! Il réussira même à justifier l’achat de l’iPod nano pour une collègue qui a perdu le sien, alors que cette dernière n’en a jamais eu.
De fausses factures
Plus stupéfiant encore, le secrétaire général a fait de fausses factures pour rembourser les achats qu’il ne peut pas ramener. Mi-mars 2013, quelques membres du comité de la section vaudoise mènent leur propre enquête. Le trésorier découvre des irrégularités dans la comptabilité: deux factures datées de juillet et décembre 2012, dont on sait aujourd’hui qu’elles ont été fabriquées par P. F., après coup, pour cacher ses méfaits. Au total, elles devaient lui permettre de rembourser 17 000 francs d’achats privés. Du côté du siège central, on refuse de prendre position. «C’est une affaire qui concerne la section Vaud. Elle est une association indépendante, statutairement, financièrement et juridiquement indépendante du TCS Suisse. Nous n’allons donc pas nous prononcer sur ce sujet, ni nous immiscer dans l’enquête interne en cours. D’autant plus que cette affaire n’est pas encore jugée», réagit Moreno Volpi, porte-parole du TCS Suisse. Le vice-président du TCS Vaud, lui, ne tient pas à s’exprimer davantage car, «en tant que représentant d’un organe collectif, je suis tenu au silence par rapport aux éléments qu’on a trouvés de notre côté, car une enquête interne est en cours». Des faits qui ne manqueront pas de faire bondir les 193 000 membres qui cotisent chaque année. (Le Matin)
Créé: 02.04.2013, 12h42
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