Christophe Darbellay, président du PDC, ne mâche pas ses mots. «Cela voudrait dire qu'on nous a trompé sur la marchandise. Si Didier Burkhalter s'oppose sans concertation à la ligne du Conseil fédéral, cela ne va pas du tout.» Il exclut également de reprendre en Suisse le droit européen pour les citoyens.
«En clair, un Rom peut venir en Suisse, demander l'aide sociale ou encore des prestations complémentaires. Ce serait la porte ouverte à tous les abus.»
Et les mesures d'accompagnement?
Corrado Pardini, conseiller national socialiste et syndicaliste, s'interroge sur les motivations de Didier Burkhalter à provoquer un tel changement de paradigme. Si les futures règles doivent s'appliquer aux accords existants, le syndicaliste redoute les conséquences, potentiellement fatales, sur la libre circulation des personnes et les mesures d'accompagnement.
Avec ce changement de position, la Suisse adopte une position défensive face à l'Union Européenne. «Burkhalter a ouvert la boîte de Pandore», déplore le socialiste.
Rien n'est inscrit dans le marbre
«Hors de question de changer les règles pour une adaptation rétroactive des accords existants», tranche Martin Landolt, président du Parti Bourgeois-Démocratique (PBD).
Il reconnaît toutefois que rien n'est inscrit dans le marbre. Et si l'UE veut adapter les accords, que ce soit dans le cadre de nouvelles négociations «au cours desquelles nous pourront aussi apporter nos propres préoccupations.» Il ajoute que Didier Burkhalter aurait besoin d'un mandat du Conseil fédéral et des commissions concernées.
Pas d'idéologie de marché pour les Verts
Regula Rytz, co-présidente des Verts, s'inquiète des conséquences sur le trafic terrestre et la libéralisation qui s'en suivrait, ce dont son parti ne veut pas entendre parler. La Suisse a actuellement une politique de transport plus développée que dans l'Union Européenne, rappelle-t-elle. «Nous voulons de bons transports publics et pas d'idéologie de marché.»
Fin de non-recevoir également pour le président des Libéraux-Radicaux, Philipp Müller, qui rappelle que son parti s'est opposé à un tel projet au début du mois lors de l'assemblée des délégués. «Il n'est pas envisageable que nous laissions libre accès à une immigration européenne pour notre système social.»
Une adoption automatique du droit européen ne trouve pas grâce à ses yeux non plus. mais il tient à tempérer. «A ce que je sais, il ne s'agit que d'une note d'un groupe de travail interdépartemental qui doit englober des propositions de tous non pas seulement celles du conseiller fédéral Didier Burkhalter.»
Un argument pour l'élection du Conseil fédéral
L'UDC et son président Toni Brunner se montrent nettement moins conciliants. «Nous craignions le pire et les projets de Didier Burkhalter dépassent tout. Il veut brader la Suisse à l'UE, avec une reprise automatique du droit européen, des juges étrangers et le libre accès à notre système social.»
«Les projets secrets du Conseil fédéral dans le dos des citoyens montrent à quel point il est important et urgent que le gouvernement soit élu», ajoute Toni Brunner, ajoutant qu'un Conseil fédéral choisi par le peuple ne pourrait pas se permettre de telles machinations. (Newsnet)
Créé: 15.05.2013, 14h25
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