Statistiquement, il n'y a pas de surpeuplement carcéral à l'échelle suisse, explique le professeur de droit aux Universités de Lausanne, Genève et Neuchâtel dans une interview publiée jeudi par la «Tribune de Genève». Et pourtant les détenus sont entassés à Champ-Dollon.
Cette prison conçue pour la détention provisoire renferme plus de 250 détenus en exécution de peine. S'ils étaient placés dans des établissement adéquats, il n'y aurait pas de tels problèmes dans l'établissement pénitentiaire genevois.
Romands plus punitifs
Les échanges existent déjà en Suisse romande, où les possibilités sont limitées. Mais ils pourraient être développés avec la Suisse alémanique, suggère le professeur. La criminalité existe autant à Zurich et à Bâle, mais la réaction sociale est différente, tout comme la réponse politique et judiciaire.
Les Romands sont en fait plus punitifs que les Alémaniques. La Suisse latine représente moins de 30% de la population. Mais elle génère 35% de la population carcérale suisse, souligne le criminologue.
Autres pistes
André Kuhn propose également d'autres pistes pour désencombrer la voie carcérale. Pour éviter que les personnes sans statut légal en Suisse ne tombent dans la délinquance, il faut leur donner la possibilité de travailler, estime-t-il.
Le professeur suggère également d'utiliser la technologie pour empêcher certaines infractions, comme conditionner le démarrage d'une voiture à l'utilisation d'un éthylomètre ou des GPS adaptant la vitesse d'un véhicule. Il se dit par ailleurs favorable à la vente contrôlée des drogues, car la lutte contre le trafic ne sert à rien: les dealers de rue emprisonnés sont aussitôt remplacés.
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