dimanche 5 mai 2013

La «Weltwoche» innocentée à l'issue du procès

La «Weltwoche» n'a pas violé sa responsabilité vis-à-vis de la société avec son style de journalisme, selon le jugement rendu dimanche soir au théâtre du Neumarkt à Zurich. La décision est clairement tombée, par six voix contre une, durant la pièce intitulée «Procès de Zurich».

La porte-parole des jurés a emprunté le vocabulaire du football pour expliquer l'acquittement: la balle a atteint la ligne, mais ne l'a pas dépassée. Le conseiller national socialiste Cédric Wermuth, l'ancien conseiller national UDC Ulrich Schlüer et le président du Conseil central islamique Nicolas Blancho ont participé à la pièce.

Durant ce jugement mis en scène, joué de vendredi à dimanche, les avocats et les politiciens ont joué leur propre rôle. L'accusateur, le seul acteur qui devait s'en tenir à un texte, était le juriste Marc Specha. Il a reproché à l'hebdomadaire ses attaques contre la justice suisse, ses reportages sur l'islam et la représentation qu'il fait de certains groupes, tels les Roms.

Roger Köppel absent

L'éditeur de la «Weltwoche» Roger Köppel n'est pas monté sur les planches. Le «vrai Köppel» ne se présente pas devant un faux tribunal, avait-il indiqué fin avril pour expliquer son absence sur scène. Il n'était pas non plus présent dans la salle pour assister à la représentation.

La mise en scène du «procès de Zurich», qui a duré de vendredi à dimanche, était assurée par Milo Rau. Celui-ci avait déjà réalisé sur le même modèle le «procès de Moscou», consacré au jugement du groupe punk des Pussy Riot.

La question centrale dans ce «procès de Zurich» était de savoir jusqu'où peut aller la liberté d'expression et à partir de quand elle peut être dommageable pour la société. Selon Milo Rau, l'important est la discussion, et non le jugement lui-même.

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