dimanche 9 juin 2013

Pourquoi les Suisses ne veulent pas élire leur gouvernement

L'initiative populaire de l'UDC pour une élection du Conseil fédéral par le peuple a été balayée à 76,3%. On s'attendait à un refus, mais comment l'expliquer? Première analyse. Les sondages ne s'y sont pas trompés. Le peuple Suisse, à une large majorité de 76,3%, et les cantons, à l'unanimité, balaient ce dimanche 9 juin l'initiative UDC pour une élection du Conseil fédéral par le peuple. C'est net, très net.

La précédente tentative, celle du PS en 1942, avait recueilli 32,4% de oui. En 2013, et malgré toute l’émotion suscitée par l’éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral en 2007, l’UDC n’est pas arrivée à faire mieux. Seuls 26% des votants ont dit oui au texte des démocrates du centre qui voulaient placer la démocratie directe en clé de voûte de l’édifice politique suisse.

La campagne a été de basse intensité. Et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les sujets institutionnels ne passionnent pas les foules. De manière générale, les Suisses rechignent à changer les systèmes qui ont fait leurs preuves. Et le contexte économique actuel que traverse la Suisse – bon voire très bon, si l’on compare avec nos voisins européens – ne plaide pas un changement aussi important que celui du mode d’élection du Conseil fédéral.

Même l'UDC a été discrète

L’UDC aussi a été relativement discrète. Pour preuve, sa campagne d’affichage très mesurée comme l’illustre son slogan pour le moins consensuel: «Faisons confiance au peuple!»

On était bien loin des phrases chocs et des visuels provocateurs qui ont fait le succès de l’UDC. On aurait pu s’attendre à ce que le parti thématise fortement sur le complot anti-Blocher fomenté par le parlement en 2007. Il en a été certes un peu question lors de la campagne, mais même Christoph Blocher lors de ces rares interviews n’a pas insisté outre mesure sur le coup politique monté par la gauche et le centre en décembre 2007. Le tribun zurichois a donné l’impression d’être passé à autre chose.

Et le PS, dont l’élection par le peuple est historiquement une marotte, n’a pas soutenu la proposition de son vieil ennemi UDC. Il a argumenté sur le fait que les conditions – respect des minorités, garanties sur le financement des campagnes – n’étaient pas remplies. Quelques ténors de la gauche, comme l’ex-conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey ou le président du gouvernement vaudois Pierre-Yves Maillard, ont néanmoins apporté leur soutien.

Insuffisant pour inverser une tendance de fond: avec 76% des suffrages exprimés, le peuple suisse continue de faire confiance à ses élus fédéraux (les 246 parlementaires des deux chambres) pour élire le collège gouvernemental. (Newsnet)

Créé: 09.06.2013, 13h17

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