La semaine dernière, le juge Alexandre Seiler a d’abord annoncé que le procès s’ouvrirait lundi prochain à huis-clos, sans public et sans médias. Une décision qu’il s’est refusé à expliquer clairement, suscitant une lettre de protestation commune des médias empêchés de faire leur travail. Puis le même juge a annoncé que seule l’audition de la compagne de Frédéric Hainard, surnommée Paloma, se tiendrait lundi prochain à huis-clos, tout le reste du procès reprenant en public après l’été. Et voilà que cet après-midi, le juge fait savoir qu’il annule tout pour le moment, comme viennent de l’annoncer les médias neuchâtelois.
Souffrance psychique de «Paloma»
Comment expliquer cette valse-hésitation pour juger les abus de pouvoir et les faux dans les titres reprochés à Frédéric Hainard et Paloma dans l’exercice de leurs fonctions en 2010, lui comme ministre, elle comme inspectrice administrative dans une affaire de soupçon d’abus de l’aide sociale ? Selon l’avocat de Paloma, Me Basile Schwab, c’est bien à la demande de sa cliente que le huis-clos a commencé par être prononcé. « Un expert psychiatre a établi que ma cliente n’était pas en état d’affronter le public et les médias, explique l’avocat. Nous avons obtenu le huis-clos pour elle, mais nous ne le demandions pas pour les autres acteurs du procès ».
En clair, le juge s’est trompé en généralisant le huis-clos. Il a rectifié en ne le décrétant que pour Paloma. Mais, alors, pourquoi finir par tout annuler ? La réponse se cache derrière une ultime embrouille. Au début de cette semaine, les avocats des plaignants ont eux-mêmes recouru contre le huis-clos. « Nous avons demandé la récusation du juge, car il nous semble partial dans son approche des arguments de Paloma », confirme l’avocat Yves Grandjean. A l’entendre, il n’est pas normal que l’ex conseiller d'État et sa compagne soient jugés séparément, alors que leurs actes sont liés.
Avec et ultime rebondissement et le recours à trancher, l’affaire Hainard va donc encore traîner en longueur et continuer de hanter Neuchâtel trois ans après les faits. (Le Matin)
Créé: 20.06.2013, 17h25
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