lundi 3 juin 2013

Verdict en appel attendu pour lundi

Les juges de la Cour d'appel de Turin se sont retirés lundi matin. Des centaines de personnes sont venues de toute l'Europe pour l'annonce du jugement, qui est attendue vers 15h00.En première instance, les deux hommes avaient été condamnés par contumace à seize ans de prison pour avoir provoqué la mort de près de 3000 personnes, ouvriers ou riverains d'usines du groupe Eternit S.p.a. Ils étaient accusés «catastrophe sanitaire et environnementale permanente» et infraction aux règles de la sécurité au travail dans les usines de produits à base d'amiante-ciment.

L'audience de lundi a porté sur la position de Louis de Cartier, décédé le 21 mai à l'âge de 92 ans. Son avocat Cesare Zaccone a demandé «l'extinction du délit» qui lui était imputé, ce qui pourrait rendre caduques les demandes d'indemnisation des parties civiles à son encontre.

Au nom du parquet, le procureur Raffaele Guariniello a répliqué qu'«il n'y a pas de preuve évidente de l'innocence de Cartier, c'est même l'inverse». En conséquence l'accusation a requis le non-lieu pour décès de l'inculpé».

Manifestation

L'audience de lundi a été marquée par une manifestation de syndicalistes et une délégation du Comité d'aide et d'orientation pour les victimes de l'amiante (Caova). Sur les grilles du tribunal, des manifestants ont accroché une banderole proclamant en français: «Schmidheiny, nous t'attendons en Suisse».

Au total, quelque 700 personnes sont venues de toute l'Europe, dont 400 de Casale Monferrato, un village du Piémont où était basée l'une des quatre usines du groupe transalpin.

Vingt ans de prison requis

Lors du procès, le plus grand et le premier au monde organisé au pénal sur le drame de l'amiante, l'accusation a requis vingt ans de réclusion. Les avocats de MM. Schmidheiny et de Cartier ont argué qu'ils n'avaient pas de responsabilité directe dans la gestion d'Eternit Italie qui avait fait faillite en 1986, six ans avant l'interdiction de l'amiante dans la péninsule.

Après leur condamnation en première instance, le procureur Guariniello qui avait enquêté cinq ans avant d'arriver au procès de Turin, avait estimé que la sentence donnait «à tous en Italie et dans le monde entier, le droit de rêver que la justice peut et doit être faite».

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