L'audience de lundi a porté sur la position de Louis de Cartier, décédé le 21 mai à l'âge de 92 ans. Son avocat Cesare Zaccone a demandé «l'extinction du délit» qui lui était imputé, ce qui pourrait rendre caduques les demandes d'indemnisation des parties civiles à son encontre.
Au nom du parquet, le procureur Raffaele Guariniello a répliqué qu'«il n'y a pas de preuve évidente de l'innocence de Cartier, c'est même l'inverse». En conséquence l'accusation a requis le non-lieu pour décès de l'inculpé».
Manifestation
L'audience de lundi a été marquée par une manifestation de syndicalistes et une délégation du Comité d'aide et d'orientation pour les victimes de l'amiante (Caova). Sur les grilles du tribunal, des manifestants ont accroché une banderole proclamant en français: «Schmidheiny, nous t'attendons en Suisse».
Au total, quelque 700 personnes sont venues de toute l'Europe, dont 400 de Casale Monferrato, un village du Piémont où était basée l'une des quatre usines du groupe transalpin.
Vingt ans de prison requis
Lors du procès, le plus grand et le premier au monde organisé au pénal sur le drame de l'amiante, l'accusation a requis vingt ans de réclusion. Les avocats de MM. Schmidheiny et de Cartier ont argué qu'ils n'avaient pas de responsabilité directe dans la gestion d'Eternit Italie qui avait fait faillite en 1986, six ans avant l'interdiction de l'amiante dans la péninsule.
Après leur condamnation en première instance, le procureur Guariniello qui avait enquêté cinq ans avant d'arriver au procès de Turin, avait estimé que la sentence donnait «à tous en Italie et dans le monde entier, le droit de rêver que la justice peut et doit être faite».
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