lundi 29 juillet 2013

Christophe Keckeis échangerait blindés contre hackers

Christophe Keckeis échangerait blindés contre hackers

Avant la votation sur l'initiative pour l'abrogation du service militaire, l'ex-chef de l'Armée Christophe Keckeis a confié au Temps sa vision de la Défense pour la Suisse. Le renseignement. Et «tout ce qui est cyber». Voilà les deux priorités militaires que Christophe Keckeis voit pour la Suisse aujourd'hui. Le Neuchâtelois, qui a dirigé l'armée de 2004 à 2008, s'est confié au Temps, avant la votation du 22 septembre sur l'initiative du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) pour l'abrogation du service militaire obligatoire. Extraits.

«On peut conserver à tout prix nos 133 obusiers blindés, explique l'ancien pilote. Mais il n’y en aura jamais un qui tirera un seul obus. Je suis prêt à échanger ces obusiers contre deux bataillons de hackers et deux bataillons de forces spéciales. L’idéologie de la défense du territoire, du "réduit national", nous aveugle. Nous sommes incapables de penser différemment.»

L'avenir de l'armée? «La cyberdéfense est un des piliers fondamentaux de la sécurité. On pourrait avoir des bataillons de hackers.» Et Christophe Keckeis d'expliquer la pertinence de l'idée dans le contexte actuel: «Nous sommes dans une société urbaine très vulnérable par ses réseaux informatiques [...]. Il ne s'agit plus, comme à Morgarten, de se battre contre une armée qui ne viendra pas. Mais de protéger les points les plus vulnérables, d'assurer les conditions de fonctionnement de l'Etat et de l'économie.»

Le commandant de corps illustre ce à quoi pourrait ressembler la préparation de l'armée: «Imaginez une panne électrique de 48 heures, une panne générale de trains. En quelques jours, le pays est en plein chaos.»

Pour un maintien du service militaire

Sans surprise, Christophe Keckeis est farouchement opposé à l'abrogation du service militaire: «Toucher la milice, c'est couler la Suisse! [...] Il s'agit de liquider l'armée tout simplement. Pas d'en modifier le mode de recrutement ni la composition. [...] C'est une initiative très dangereuse [...] En Suisse, avec la milice, nous bénéficions du top». L'ancien chef de l'Armée espère que cette initiative sera fermement repoussée, à plus de 60%.

Quant à la perspective pour la Suisse d'avoir une armée de volontaires, Christophe Keckeis estime, d'une part, que l'on toucherait à «la culture helvétique» et, d'autre part, que «le bassin de population est trop petit pour une milice volontaire avec des effectifs suffisants». De surcroît, pense-t-il, «avec ce système, vous héritez de tous les gars qui ne trouvent pas de place ailleurs. Des gens mal dans leur peau, à la recherche d'une motivation, des aventuriers ou des dingues de la gâchette». (Newsnet)

Créé: 29.07.2013, 12h55

0 comments:

Enregistrer un commentaire