Le conducteur du train était au téléphone
Légèrement blessé et hospitalisé depuis l'accident, Francisco José Garzon Amo, âgé de 52 ans, a refusé de répondre aux questions des policiers. Il devrait bientôt être présenté à un juge, mais cela «n'est pas prévu pour aujourd'hui», a indiqué le tribunal dans un communiqué.
Tandis que deux enquêtes, l'une judiciaire et l'autre administrative, ont été ouvertes pour tenter d'expliquer cette tragédie ferroviaire - la pire en Espagne en près de 70 ans - les autorités mettaient en cause ce cheminot, qui travaille depuis 30 ans à la compagnie publique des chemins de fer Renfe.
Prié de freiner
«Déjà, quatre kilomètres avant le lieu de l'accident, il s'est vu notifier de commencer à ralentir», soulignait le président du gestionnaire du réseau Adif, Gonzalo Ferre, sur la télévision nationale.
«A cet endroit passent six trains chaque jour et ce conducteur y est passé 60 fois, c'est-à-dire que sa connaissance de la ligne doit être exhaustive et maximale, à un endroit où la vitesse est limitée de manière permanente à 80 kilomètres/heure», a renchéri le président de Renfe, Julio Gómez-Pomar Rodríguez, sur la télévision Antena 3.
L'accident s'est produit mercredi à 20H42 au moment où le train, en, provenance de Madrid,abordait un virage très serré à environ quatre kilomètres de la gare de Saint-Jacques de Compostelle.
La police, qui a récupéré les boîtes noires du train pour les remettre à la justice, a interpellé le conducteur jeudi soir et l'a placé en garde à vue pour «imprudence» et pour «des délits liés à l'accident».
Au téléphone en conduisant
Deux éléments jouent en sa défaveur: une retranscription d'une communication radio, révélée par «El País», dans laquelle il admet qu'il circulait à 190 kilomètres/heure au lieu des 80 autorisés, et une vidéo de quelques secondes diffusée sur internet, semblant provenir d'une caméra de sécurité sur les voies, montrant un train qui surgit à toute vitesse à l'entrée du virage, puis sort des rails et se couche sur le côté.
Le journal «El Mundo» affirmait samedi, citant des sources proches de l'enquête, que le conducteur parlait au téléphone portable au moment du drame.
Le train, un modèle hybride (pouvant rouler à vitesse classique et à grande vitesse) fabriqué par l'Espagnol Talgo et le Canadien Bombardier, circulait sur une ligne à grande vitesse, mais sur un tronçon, en courbe et dans une zone urbaine, où la vitesse est réduite. A cet endroit, la voie n'est pas équipée d'un système de freinage automatique du train s'il dépasse la limite de vitesse.
Des protocoles à suivre
Une lacune dénoncée par le secrétaire général du syndicat de conducteurs de trains Semaf, Juan Jesus Garcia Fraile, qui a affirmé que l'accident n'aurait «évidemment» pas eu lieu si ce tronçon avait été équipé du système adéquat. Plusieurs médias reproduisaient aussi samedi les témoignages de collègues du conducteur, assurant qu'il s'agit d'un homme prudent.
«Les systèmes de sécurité en Europe et en Espagne sont adaptés à tout moment aux types de trains et à la vitesse maximale autorisée, et il y a des protocoles définis que doivent suivre les personnes qui ont la responsabilité de conduire le train», a répliqué la ministre des Transports Ana Pastor, sur la radio Cadena Cope.
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