Payer les heures d'allaitement
En décembre 2012, les Chambres fédérales ont décidé que la Suisse devait ratifier la convention No 138 de l’Organisation internationale du travail sur la protection de la maternité. Seules l’UDC et une partie du PLR s’y sont opposées. Cette décision couronnait de succès une initiative déposée par l’actuelle conseillère aux Etats Liliane Maury Pasquier (PS/GE). Il restait à régler un point sensible pour que la Suisse réponde à tous les critères de la convention: la rémunération des pauses d’allaitement au travail.
Deux pauses de 45 minutes
Le Conseil fédéral s’est engagé à le faire, promettant une large consultation des milieux concernés. Depuis, l’affaire mobilise les institutions. La Commission fédérale du travail, présidée par le chef de l’Administration fédérale des finances Serge Gaillard, doit proposer une réglementation au Secrétariat à l’économie (SECO). D’après la NZZ am Sonntag, il serait prévu de payer deux pauses de 45 minutes par jour et cela jusqu’à une année d’allaitement. Mais l’USAM n’en veut pas.
De nombreux paramètres ne sont pas encore connus, à commencer par le nombre de personnes que la mesure pourrait concerner. On sait toutefois, d’après une étude de l’Université de Lausanne, que 36% des femmes allaitent leur enfant après trois mois, mais qu’après six mois elles ne sont plus que 3%, alors que, selon les recommandations de l’OMS, un bon allaitement doit durer au moins six mois.
Au total, ces heures «offertes» par les employeurs à leurs employées mères ne devraient pas représenter un gros effort financier. Bien des entreprises le font déjà. Pour Jean Christophe Schwaab, «l’allaitement est une mesure de santé publique. Il faudrait que tout le temps nécessaire soit accordé à la mère qui allaite.»
In fine, ce sera au Conseil fédéral de trancher, sur proposition du Département fédéral de l’économie de Johann Schneider-Ammann. (Le Matin)
Créé: 29.07.2013, 07h29
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