Il n'en peut plus du bruit des sirènes
Il faut savoir qu’en Suisse les conducteurs de véhicules d’urgence sont obligés d’enclencher simultanément sirène et gyrophare. «L’intensité sonore doit atteindre au moins 100 décibels sans excéder 115 décibels», explique Didier Leibzig, directeur de l’Office cantonal des automobiles. Une marge qui, pour Michel Ducret, change tout: «Les décibels, c’est exponentiel!» A titre de comparaison, la limite est fixée à 90 décibels pour une manifestation du style Lake Parade.
«On est coincés»
Capitaine au Service d’incendie et de secours, Nicolas Schumacher comprend «la pénibilité pour le citoyen». Il explique que la moitié des interventions sont effectuées sans signaux prioritaires. «On ne déclenche pas la sirène et les feux bleus pour un ascenseur en panne, sauf évidemment s’il y a danger pour la vie humaine.» Mais que faire? Sous le sceau de l’anonymat, un ambulancier confie qu’il «culpabilise» et coupe parfois la sirène la nuit: «Mais je suis dans l’illégalité!»
«On se rend tout à fait compte des nuisances, mais on est coincés, ajoute le responsable de la brigade sanitaire Marc Niquille. Si on n’utilise que le gyrophare, c’est nous qui sommes responsables en cas d’accident.» Et le médecin de s’interroger sur les raisons qui ont conduit le Service de la mobilité à permettre aux taxis et aux véhicules transportant les handicapés d’emprunter les voies de bus «alors que les véhicules d’urgence n’ont pas le droit de le faire hors signaux enclenchés.»
Dans une ville comme Genève, qui connaît tant de problèmes de circulation, les signaux prioritaires censés ouvrir la route aux véhicules d’urgence ont perdu de leur efficacité. La faute des habitacles des voitures modernes, à la radio que l’on écoute à fond et aussi à l’indiscipline croissante des automobilistes, des piétons et des cyclistes. «A l’heure où le Parlement légifère sur les nuisances sonores liées à la circulation des trains, on ne peut ignorer la problématique des avertisseurs pour véhicules prioritaires», constate le conseiller national et candidat au Conseil d’Etat genevois MCG Mauro Poggia, qui a déposé une motion à Berne en juin dernier. «Il faut rechercher des moyens pour réduire ces nuisances en fixant des valeurs limites inférieures de nuit. On peut aussi imaginer des tonalités à trois tons, beaucoup moins dérangeantes», estime Mauro Poggia. (Le Matin)
Créé: 17.08.2013, 09h17
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