La gestion de la région biennoise à Lausanne
A Bienne, 42 collaborateurs gèrent le trafic ferroviaire, dont 37 à temps plein. Les CFF veulent conserver ce personnel à Lausanne. Ils ont donc promis de les soutenir dans ce changement de lieu de travail avec des mesures d'accompagnement fixées en collaboration avec la commission du personnel et les partenaires sociaux.
Quatre centres
Les collaborateurs des CFF dirigeront désormais les signaux et les aiguillages de Lausanne. Depuis 2010, les postes de commandes existants sont déplacés dans les nouveaux centres d«exploitation de Lausanne, de Zurich aéroport, d'Olten (SO) et de Pollegio (TI).
Cette stratégie doit permettre de faciliter le travail d«équipe, la communication et la coordination, assurent les CFF. Elle permettra également d«offrir «un haut degré de ponctualité» aux voyageurs malgré la densité du réseau ferroviaire suisse. Les passagers seront par ailleurs rapidement informés en cas de dérangement.
Les organisations divisées sur la promotion du trafic marchandises
Offrir de meilleures conditions au transport de marchandises en Suisse ne convainc pas tout le monde. Pour les CFF, la révision en consultation jusqu'à jeudi améliore la situation du fret ferroviaire, alors que les organisations craignent l'abandon des lignes peu rentables et les problèmes découlant d'une augmentation des livraisons par camion.
Le fret devrait recevoir suffisamment de bons sillons grâce à de nouveaux instruments comme des plans d'utilisation du réseau afin de ne pas être défavorisé par rapport au transport de personnes, estime le Conseil fédéral. Il souhaite notamment construire, promouvoir et assurer un accès non discriminatoire aux ouvrages adaptés au fret, tels que voies de raccordement et installations de transbordement.
Les offres de prestations pour le transport de marchandises sur le rail devront désormais s'autofinancer, mais la Confédération et les cantons pourront déroger à ce principe s'ils veulent garantir une offre très importante pour le développement économique régional, comme dans les zones de montagne. Libérés de leur mandat, les CFF décideront librement des services qu'ils proposent pour le fret.
Assurer la compétitivité
L'ex-régie juge le projet «innovant» et orienté vers l'avenir du transport de marchandises sur rails en Suisse. La proposition du Conseil fédéral tombe à point nommé, étant donné qu'elle souhaite renforcer sa filiale CFF Cargo, déficitaire, et booster son offre pour le fret ferroviaire.
Son principal concurrent sur ce marché, BLS, approuve également la proposition, précisant que la Confédération doit, en tant que propriétaire des CFF, veiller à ce qu'il n'y ait pas de distorsion de concurrence. Par exemple au moyen de subventions croisées ou d'un accès inégal aux installations de fret.
Le projet est dans l'ensemble bien accueilli par les cantons. Ceux-ci seraient toutefois forcés de participer au financement, critique la Conférence des directeurs cantonaux des transports publics. «Nous regrettons qu«il n«y ait pas de commentaires plus précis sur les répercussions pour le transport régional de voyageurs», ajoute-t-elle.
Desserte en danger
Contactée par l'ats, l'Initiative des Alpes approuve certains avantages du projet, comme le gain de capacités pour les trains marchandises qui devrait permettre des livraisons plus rapides. L'organisation s'oppose néanmoins à cette révision née d'une motion de la commission des transports du Conseil des Etats.
«Nous craignons qu'en étant libérés de l'obligation d'exploiter le transport de marchandises en tant que tâche principale, les CFF ne couvrent plus certaines lignes peu rentables», déclare Thomas Bolli, responsable communication. Une plus grande quantité de marchandises devraient alors être importées et exportées par camion à travers ces régions, ce qui polluerait davantage.
La coalition «Pro Cargo» retient elle aussi cet aspect: le Conseil fédéral «considère la rentabilité sans montrer comment il serait possible d«obtenir une desserte sur tout le territoire», alors que la motion requiert une solution située à la croisée des chemins. Elle souhaite que deux options équivalentes puissent être comparées au Parlement.
Ce qui implique l«élaboration d«un complément au projet, comprenant notamment des objectifs de transfert du fret de la route au rail réalisables. La coalition comprend 12 organisations, entre autres le Syndicat du personnel des transports, l'Association transports et environnement (ATE), la Communauté d'intérêts pour les transports publics (CITraP), Pro Rail Suisse, le PS et les Verts.
Pas financé par la route
Pro Bahn, l'organisation de défense des usagers, craint également l'abandon des lignes moins rentables par les CFF et, partant, une augmentation du fret sur des routes déjà surchargées. Ce qui ne ferait qu'accroître le manque de sécurité dans la planification sans cesse dénoncé par les transporteurs.
Conscient que «les temps de parcours trop longs et la faiblesse en matière de ponctualité nuisent à la compétitivité», le Touring Club Suisse se dit pour sa part favorable à l'amélioration des conditions de marché pour le fret ferroviaire. Il s'oppose toutefois fermement au subventionnement par le fonds «circulation routière» (FSCR) du transport de marchandises sur rails.
L'Association suisse des transports routiers (ASTAG) déplore elle «la cosmétique financière servant à subventionner le transport par wagons complets isolés en Suisse» et donc les activités des CFF. Il manque un «masterplan logistique» qui n'expose pas les problèmes de CFF Cargo, mais les besoins des transporteurs et des consommateurs.
0 comments:
Enregistrer un commentaire