Pourquoi le site de la Fête fédérale de gymnastique n’a-t-il pas été évacué? Le directeur, Fränk Hofer, s’explique. Après le très violent orage qui a fait voltiger les tentes et les stands de la Fête fédérale de gymnastique, jeudi dans la région biennoise, le bilan fait état de 76 blessés, dont 15 hospitalisés hier. Quelle est la responsabilité des organisateurs? La police cantonale bernoise annonce vouloir «déterminer les circonstances exactes de cet événement».Pourquoi avoir donné l’alarme si tard?
MétéoSuisse a mis la région biennoise en alerte 3 la veille des orages déjà, à 20 h. L’ordre d’évacuation, lui, n’a été donné que jeudi à 18 h 15. Pourquoi avoir tant tardé? «Nous avons attendus le dernier moment», admet Fränk Hofer. Le directeur de la Fête fédérale de gymnastique assume sa décision: «Interrompre les concours, c’était un pari difficile, quand les gens sont de bonne humeur.» Une évacuation par beau temps aurait-elle été prise au sérieux? Les images satellite ont fait penser un temps que Bienne serait épargnée aussi longtemps que la bise protectrice repoussait la tempête venant de Genève à 128 km/h. «On a fait tout ce qu’on a pu», soupire le directeur. Où diriger 12 000 gymnastes et 15 000 visiteurs? Pas de réponse.
Pourquoi avoir dirigé les gens sous une tente?
«Le réflexe, quand il pleut, c’est de se mettre à l’abri. C’est compliqué d’exiger d’une foule qu’elle se mette à découvert où, par ailleurs, les risques de foudre existaient», analyse Frédéric Glassey, de MeteoNews. Fränk Hofer soutient que l’immense tente où se déroulaient les courses était, avec ses énormes sardines dans le sol, «l’endroit le plus sûr d’Ipsach». La structure s’est soulevée pour retomber, mais ce soubresaut n’a fait que deux blessés: tous les autres qui s’y sont réfugiés ont été touchés par un projectile entre des stands ou sous une autre tente retournée par le vent. Les précautions n’ont souvent pas suffi. Exemple dans un stand à crêpes lesté avec des blocs de béton et tenu par Miran Belec: «On s’est préparé, mais on ne s’attendait pas à un vent aussi violent.»
Pourquoi ne pas avoir tiré les leçons de la première tempête?
Les organisateurs assurent avoir mené des réflexions après la tempête du jeudi précédent. La volonté de Fränk Hofer, c’était de favoriser une énergie positive: «Que veulent les participants? Verser une larme ou boire une bière?» s’est-il demandé. Sans doute a-t-il aussi pensé que l’intempérie du 13 juin ne se reproduirait pas. «Cette tempête paraissait unique», convient Hofer. A sa décharge, le 13 juin, le joran venait du nord. Le 20, c’est un vent du sud-ouest qui a semé la désolation.
Pourquoi l’ordre d’évacuation n’a-t-il pas été respecté?
Quand l’évacuation a été diffusée par haut-parleurs et par SMS, les francophones n’ont pas tous bien compris le message en allemand. Surtout, gymnastes et spectateurs ne l’ont pas pris très au sérieux. «Tétanisés la vue du gros nuage noir, les gens l’ont photographié au lieu de fuir», rapporte Daniel Rossel, gérant d’une buvette à Ipsach. Comment se faire entendre, quand la curiosité l’emporte sur la prudence? C’est un dilemme que Hofer n’a pas résolu: «Si certains trouvent sympa de photographier la tempête et les dégâts, que faire?» Pour lui, rien n’aurait été plus rapide que l’alerte par haut-parleurs. «Apart le SMS que nous avons utilisé, je ne vois pas d’autres canaux». Evacuer de force? L’idée n’a pas effleuré son esprit, vu la configuration des sites éparpillés à Bienne, Nidau, Ipsach, mais aussi à Macolin. (Le Matin)
Créé: 22.06.2013, 07h11
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