dimanche 19 août 2012

Des escargots freinent le tram

Une dizaine d’espèces de gastéropodes rarissimes mènent la vie dure à l’administration bâloise, qui aimerait poser 300 mètres de rail. Certains d’entre eux ne dépassent pas 5 millimètres. Mais douze espèces d’escargots en voie de disparition et qui figurent sur la liste rouge de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) ont réussi à ralentir considérablement le projet de construction d’une nouvelle ligne de tram, à la frontière des deux Bâles. Tout commence par la volonté des deux demi-cantons de mieux relier Binningen (BL) à la gare centrale de Bâle. Moins de 300 mètres de nouveaux rails entre les stations de Dorenbach et de Margarethen permettraient ainsi aux usagers de gagner cinq minutes sur le trajet. La ligne passerait par Margarethenstich, une rue bordée d’espaces verts. «Pour réaliser le projet, nous sommes obligés d’élargir la voie et d’empiéter sur un terrain qui n’a pas subi de modifications depuis plusieurs décennies», explique Jane Hahn, du Bureau de la planification de Bâle-Ville, en charge du dossier.

Seulement voilà, les premiers tests ont mis en évidence sur l’emplacement des futurs rails la présence d’escargots protégés, comme l’hélice carénée (Hygromia cinctella), l’ambrette terrestre (Succinella oblonga), le maillotin strié (Truncatellina claustralis) ou le maillot des mousses (Pupilla muscorum). Que faire? Le projet à 17 millions, financé par les deux Bâles à parts égales, traîne en longueur et suscite des critiques alors qu’il doit encore passer par les deux Parlements. Entre les deux cantons, le ton monte. «Pour l’administration de Bâle-Campagne, les escargots menacés ne sont qu’un prétexte. De fait, Bâle-Ville ne se presse guère parce qu’il a moins d’intérêt à la nouvelle ligne que Bâle-Campagne», affirmait récemment la Basler Zeitung en se basant sur les déclarations d’un fonctionnaire de Liestal (BL).

Les escargots sont sauvés

Quant aux principaux intéressés, les escargots, ils ont réussi finement à tirer leur épingle du jeu. Mis en évidence par les médias bâlois, les gastéropodes ne pouvaient plus achever leur existence broyés par les pelleteuses. «Nous avons prélevé un morceau de terrain avec des escargots et l’avons transplanté dans un autre biotope. Les résultats sont concluants. Nous pourrons poursuivre à plus grande échelle», a encore ajouté Jane Hahn. Berne n’avait pourtant aucun moyen de s’opposer au massacre éventuel des mollusques. «La liste rouge des escargots menacés a une valeur indicative. Elle ne comporte pas d’obligations», précise Sarah Pearson, cheffe de la Section espèces, milieux naturels et réseaux écologiques de l’OFEV. Les travaux commenceront finalement en 2015, avec une bonne année de retard sur le timing initial. (Le Matin)

Créé: 20.08.2012, 07h40

0 comments:

Enregistrer un commentaire