Si le traitement échoue, la peine devra être purgée, a expliqué l'avocate de la victime Saskia Ditisheim. Les juges ont suivi à la lettre le réquisitoire de la procureure Laurence Viollier qui avait réclamé quatre ans de prison, mais avait déclaré saccommoder d'un placement en institution pour personnes dépendantes.
Pas d'intention meurtrière
Le prévenu a été reconnu coupable d'avoir agressé son ex-compagne de 40 ans avec un couteau en septembre 2011. Il s'est défendu en affirmant qu'il n'avait jamais eu l'intention de tuer. Il voulait juste faire peur à son amie. Devant le Tribunal correctionnel, il a déclaré ne pas trop se souvenir de la nuit du drame.
Le prévenu a habité pendant environ deux ans chez son ex- compagne. «Je lui remettais chaque mois 800, 700 ou 500 francs», a précisé la plaignante. «Il me disait qu'il envoyait cet argent à sa famille en Somalie». Souffrant d'un léger retard mental, la victime touchait à l'époque des faits une rente AI de 1500 francs.
«Il venait toujours à la maison juste après le versement de ma pension et il repartait quand je n'avais plus un sou», a expliqué la plaignante. Un jour, elle remarque que son compagnon lui a volé de l'argent. «Je suis alors allé le récupérer dans son portefeuille, car c'était mon argent».
Agressée dans son sommeil
La nuit suivante, la plaignante sent pendant son sommeil une pression sur la gorge. Hébétée, elle se lève et va dans sa salle de bain. Un couteau en main, son compagnon la suit, lui donnant des coups. «Je lui ai demandé d'arrêter et j'ai appelé la police».
La victime n'a été que légèrement blessée. Les coups de couteau n'ont pas causé de plaies profondes. La plaignante présentait toutefois sur le corps de nombreuses estafilades. Sa mésaventure lui a causé des séquelles psychologiques importantes. «Aujourd'hui, je me sens très mal», a-t-elle déclarée devant le tribunal.
Lors de l'agression, la quadragénaire a cru qu'elle allait mourir. «Ma fille a un problème au niveau de l'espace, elle n'a pas la notion de distance et a des difficultés pour estimer la valeur de l'argent», a expliqué devant le tribunal la mère de la victime. «Elle m'avait dit au téléphone qu'elle l'aimait», a-t-elle ajouté.
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