lundi 3 septembre 2012

Son rap anti-flic sera lu au Parlement

Une députée dénonce une permission accordée au rappeur Astreet, fin juillet. Alors qu’il était en semi-détention, elle lui avait donné la possibilité de donner un concert, et d’allumer la police... Il a quitté dimanche l’établissement du Simplon de Lausanne, où il purgeait sa peine en semi-détention pour une affaire remontant à 2009. Mais le rappeur Vaudois Astreet n’a pas fini d’entendre parler de la permission obtenu du Service pénitentiaire vaudois, fin juillet, pour assurer la première parie du Français Seth Gueko à Conthey (VS).

Accordé dans une optique de «resocialisation», ce mini-congé reste en travers de la députée PLR de Prilly Véronique Hurni. La politicienne digère difficilement qu’un «petit chanteur de rap haineux», selon ses propres termes, ait été «cocolé» par le SPEN. Elle reproche en particulier aux autorités pénitentiaires de ne pas s’être assuré qu’Astreet ne jouerait pas son morceau phare «Sale Schmidt », dans lequel il confesse son rêve de voir «des corps de flics morts», lors de sa sortie. Un passage du brulot sera d’ailleurs lu devant le Grand Conseil pour sensibiliser ses confrères, lors de son interpellation. «On est condamné pour largement moins que ça, lorsqu’il s’agit de dérapage racistes», tempête l’élue. L’UDC Vaud, par l’intermédiaire de son président Claude-Alain Voiblet, promet aussi d’être très attentive aux explications du Gouvernement. Et ce d’autant plus que l’artiste s’est dernièrement fendu d’un nouveau clip attaquant vertement la formation agrarienne.

Lors des faits, il y a un peu plus d’un mois, le SPEN avait motivé sa décision par un refus d’émettre un jugement de valeur sur la chanson incriminée. Bien que vivement critiquée par les pontes des polices romandes, lors de sa sortie, elle n’avait pas valu de condamnation à son auteur. Le service regrette-t-il sa décision, compte-tenu de la tournure politique que prend l’affaire? «No comment», du côté de son porte-parole, qui laisse aux responsables politiques le soin de s’expliquer.

Chef information et prévention de la police valaisanne, Jean-Marie Bornet est plus loquace : «Je ne veux pas me mêler de politique vaudoise, mais vu qu’il a chanté dans notre canton… Je suis très surpris qu’il n’ait pas au moins été cadré. C’est quand même étrange qu’on ait donné une permission d’aller vomir les autorités à quelqu’un comme ça.»

Au cœur de l’affaire, Astreet rigole. «Ils s’énervent pour cette permission, qui avait duré 23 heures, mais ils ne savent pas que durant trois mois, j’étais libre tous les samedis en journée pour bosser sur mon disque.» Si les politiques continuent à l’attaquer sur son morceau «Sale Schmitt », qu’il a effectivement interprété lors de sa sortie à Conthey, il menace de diffuser les photos de l’intervention policière, trop musclée selon lui, à la suite de laquelle il l’avait composé. (Le Matin)

Créé: 03.09.2012, 14h00

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