La CRF a publié jeudi son bulletin TANGRAM qui fait le point sur la situation des Yéniches, des Manouches et des Roms de Suisse. Il en ressort un constat inquiétant: ces personnes, même si elles vivent de manière sédentaire et discrète, préfèrent souvent cacher leur origine afin d'éviter les discriminations et les manifestations de racisme.
Évidemment, «les événements survenus ces derniers mois ont jeté une lumière crue sur des actes et des comportements (...) qui ne devraient pas se produire», écrit la présidente. Dans chaque groupe de population, il y a toujours des individus qui outrepassent leurs droits et ne respectent pas les règles communes. Mais il n'y a pas lieu de généraliser.
La presse épinglé
Le bulletin TANGRAM publie les résultats d'une enquête inédite sur les articles de presse concernant les Roms. Cette enquête, conduite par l'Institut fög de l'Université de Zurich, montre que les comptes-rendus des médias se focalisent sur les comportements déviants et donnent la parole aux acteurs politiques, à la police, mais très rarement aux Roms. La moitié des articles analysés produisent un message stéréotypé et assimilent les comportements déviants à la culture et à la mentalité des Roms dans leur ensemble. Les abus de quelques-uns ne doivent pas porter préjudice à l'ensemble des communautés, ni légitimer des politiques discriminatoires.
TANGRAM a voulu en conséquence donner ainsi la parole à la majorité sédentaire invisible en Suisse, Yéniches ou personnes d'origine rom qui ne se déclarent pas en tant que telles. Cela a été difficile car nombre de personnes contactées ont refusé, par peur des conséquences.
Infrastructures
Le bulletin relève qu'il manque des aires de stationnement et de transit pour les 3000 à 5000 Yéniches, Manouches/Sintés suisses d'une part et pour les caravanes des groupes roms de passage en Suisse en été d'autre part. Les modes de vie et les besoins de ces communautés distinctes sont différents. Or elles sont considérées comme indistinctes et assimilées les unes aux autres par les médias et dans les débats publics.
Si on admet en Suisse des modes de vie différents, il faut alors faire en sorte que les infrastructures soient adaptées, de manière adéquate et suffisante. «Ce n'est pas le cas en Suisse, faute d'une volonté politique intercantonale forte», dénonce Martine Brunschwig Graf, et les responsables politiques, ignorant ce problème, deviennent complice de ce mouvement de rejet généralisé que nous dénonçons».
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