Vous déposez aujourd’hui une motion sur l’huile de palme. Qu’exige-t-elle?
De la transparence. Je demande que, sur les étiquetages en Suisse, on ne puisse plus trouver comme aujourd’hui la mention générique «huile végétale» mais qu’il soit spécifié qu’il s’agit d’huile de palme, de colza, de tournesol, etc. Le consommateur a le droit de savoir ce qu’il achète.
Vous aviez proposé la même motion il y a deux ans et elle avait été balayée par le Conseil fédéral. Pourquoi récidiver?
Parce que la situation a changé. Dans sa réponse, le Conseil fédéral expliquait en somme que donner cette information aux consommateurs représenterait une entrave au commerce. Car, comme en Suisse, il n’y avait pas de déclaration obligatoire de l’huile de palme dans l’Union européenne. En clair, estimait le Conseil fédéral, ça aurait donc posé d’énormes problèmes lors d’importation de produits de l’UE et ça aurait discriminé les produits suisses. Mais cet argument ne tient plus.
Pourquoi?
En juillet 2011, l’UE a pris la décision que je réclame aujourd’hui: inscrire précisément sur les emballages quelle huile contient le produit. La mesure est déjà en vigueur même si un délai transitoire court jusqu’en 2015. L’argument de la conformité avec la législation européenne du Conseil fédéral ne tient donc plus et je vois mal au nom de quoi il pourrait aujourd’hui balayer ma motion.
Un texte qui devrait être discuté la semaine prochaine à Berne exige d’interdire toute importation d’huile de palme. Le soutenez-vous?
Non, car ça me semble impossible. Une interdiction ne serait pas conforme aux règles de l’Organisation mondiale du commerce, dont nous sommes membres. Ce serait une décision illégale.
Et pourquoi ne pas frapper le porte-monnaie, comme la France l’envisage avec sa «taxe Nutella»?
Je ne suis pas convaincu, et le citoyen a déjà l’impression qu’on colle des taxes partout. Pour l’instant, il me semble que la priorité est la responsabilisation de chacun et une information claire. Si le consommateur voit que tel produit contient de l’huile de palme, il pourra vraiment choisir en conscience. Soit y renoncer car la production de cette huile cause une déforestation dramatique en Asie ou parce qu’à forte dose elle est néfaste pour la santé. Soit l’acheter quand même. Chacun serait informé mais libre de ses choix.
D’autres voix proposent de limiter les taux d’huile de palme dans un produit.
Je suis plutôt favorable à cette idée d’un plafond pour des motifs sanitaires, comme c’est déjà le cas pour le taux d’acide gras trans. C’est une piste qui mérite d’être discutée. (Le Matin)
Créé: 03.12.2012, 08h17
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