Car, pour l'OFROU, le principe du «pollueur-payeur» qui sous-tend l'idée de «Mobility Pricing» ne doit pas se limiter au trafic automobile. Le «principe de causalité» devrait s'appliquer aussi aux utilisateurs des transports publics, dès lors que le prix qu'ils paient aujourd'hui pour leurs déplacements ne couvre au mieux que 60% des coûts qu'ils occasionnent.
L'OFROU insiste sur le fait que le rapport cité par le journal dominical se limite à «une vision à long terme» et que rien de concret n'est encore envisagé. Mais la NZZ estime que celui-ci pourrait amener les CFF à abandonner purement et simplement, à l'avenir, les «rabais de quantité» que constituent les abonnements généraux.
L'AG à 7000 ou 10'00o francs
Tel ne doit pas être forcément le cas, juge le professeur Christian Laesser mardi dans le Tages-Anzeiger. «L'abonnement général n'est pas incompatible avec un tel système», note le directeur du Centre de recherche sur le Tourisme et les Transports de l'Université de St-Gall. En revanche, «son prix augmenterait nettement».
Le professeur st-gallois estime que le prix d'un AG 1ère classe pourrait, le cas échéant, approcher les 10'000 francs par année, soit pratiquement le double de son niveau actuel. Cela revient à dire que l'AG 2ème classe, dont le prix annuel passera dimanche prochain de 3350 à 3550 francs, pourrait coûter près de 7000 francs.
La mobilité est trop avantageuse
Les CFF comptent aujourd'hui 431'000 détenteurs d'abonnements généraux. Ceux-ci ne paient en moyenne que 10 centimes par kilomètre parcouru, selon le Tagi, contre 16 centimes en moyenne pour l'ensemble des usagers des chemins de fer.
Même à 3550 francs, l'AG 2ème classe revient à moins de 18 francs par jour de déplacement, s'il est utilisé 200 fois dans l'année. Ce qui fait dire au professeur Laesser que «la mobilité est aujourd'hui trop bon marché». Selon lui, cette situation génère de fausses incitations dans le choix du lieu de résidence, favorise l'augmentation des distances parcourues par les pendulaires et contribue au mitage du paysage.
L''introduction ou non d'une redevance de mobilité relèvera en définitive d'un choix politique. Raison pour laquelle les CFF ne veulent pas entrer dans le débat. Pas plus que l'OFROU, qui juge qu'«il est prématuré de spéculer sur les possibles conséquences» du «Mobility Pricing».
Créé: 04.12.2012, 15h21
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