jeudi 6 décembre 2012

Les évêques suisses pour la protection de la vie

La Conférence des évêques suisses ne donne pas de recommandation de vote pour l'initiative «Financer l'avortement est une affaire privée». Malgré «une certaine sympathie» pour le texte. Les évêques rappellent que leur souci premier est la protection de la vie. Dans un communiqué diffusé jeudi, les évêques «jugent positif» que l'initiative «combatte la 'normalité' institutionnalisée de l'avortement. Mais la discussion sur la manière de le financer ne suffit pas en vue d'une décision pour ou contre l'avortement». Le texte «est un signe contre l'avortement» mais il évacue la question de principe, a expliqué à l'agence de presse Sipa Walter Müller, porte-parole de la CES. Celui-ci admet qu'il existe «certainement une certaine sympathie des évêques envers l'initiative».

«L'Eglise catholique s'engage en priorité pour la protection de la vie et contre l'acceptation généralisée de l'interruption de grossesse», selon la CES. Et cela, pour des motifs de droit naturel et des motifs religieux. L'avortement est un «péché grave, qui porte durablement atteinte à tous les concernés et à la société». «L'homicide de l'enfant non encore né ne constitue jamais, humainement parlant, une bonne solution à une situation de détresse».

Les évêques suisses aspirent à un changement de mentalité et soutiennent tout engagement en faveur de la protection de la vie, de la conception jusqu'à la mort naturelle. Pour la CES, il convient avant tout de lutter pour les droits des femmes enceintes en situation de détresse et pour ceux de leurs enfants. Il s'agit de venir en aide aux femmes tombées en situation de détresse en raison d'une grossesse, afin que l'avortement ne soit plus une option pour elles.

Rejet protestant

Le mois dernier, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse rejetait l'initiative, estimant que la société porte une part de responsabilité dans un avortement. Elle relevait que si l'interruption de grossesse est en contradiction avec le commandement «tu ne tueras point», deux vies sont en jeu, celle de l'embryon et celle de la femme enceinte. Des difficultés familiales, sociales et économiques peuvent menacer la vie de la femme au point de l'exposer à une «mort sociale». Pour la FEPS, «c'est en ouvrant des perspectives de vie et non en infligeant des sanctions que l'on peut empêcher les avortements».

L'initiative «Financer l'avortement est une affaire privée - Alléger l'assurance-maladie en radiant les coûts de l'interruption de grossesse de l'assurance de base» a abouti en juillet 2011 avec près de 110.000 signatures valables. Portée par un comité composé d'une vingtaine de politiciens issus des rangs de l'Union démocratique du centre (UDC), du Parti démocrate-chrétien (PDC), du Parti libéral-radical (PLR), de l'Union démocratique fédérale (UDF) et du Parti évangélique (PEV), elle prévoit une prise en charge de l'avortement par l'assurance-maladie obligatoire qu'à titre exceptionnel, en cas de grossesse résultant d'un viol ou de mise en danger de la santé de la mère.

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